12- Pourquoi le débarquement a réussi? (2e Partie)

Publié le par Hubert DENYS

12- Pourquoi le débarquement a réussi? (2e Partie)

Ces hommes ne furent pas les seuls à être envoyés sur les plages du littoral normand pour y effectuer des prélèvements ou des contrôles. Sur les photos prises par les avions de reconnaissances de la RAF, les experts remarquent que de nouveaux obstacles ont été implantés sur les plages normandes. Ils reconnaissent les hérissons tchèques (Iron Hedgehog), les tétraèdres mais ils y a aussi des obstacles qui s'apparentent aux portes belges que les anglais ont connus durant la campagne de Sedan en France. Afin que chacun comprenne de quoi il est question, nous allons détailler chacun de ces objets.

-La porte belge:

En 1933, afin de renforcer la ligne Maginot et en interdire l'accès par les nouveaux moyens de combat que sont les chars d'assaut, le colonel Edmond de Cointet de Fillain a conçu cet obstacle sensé arrêter les blindés. Son nom a été donné à cette invention:" La Barrière Cointet"

Il s'agit d'une construction en cornière d'acier reproduisant plus ou moins un portail. Ce portail était monté sur deux rouleaux en acier ressemblants aux rouleaux pour damer les terrains. Une queue de manoeuvre était fixée au portail,  haubanée par des cornières en acier et montée sur un 3e rouleau directionnel

Croquis de la porte belge. (Col. privée)

Croquis de la porte belge. (Col. privée)

Légende du croquis

1. Rouleaux avant (2)

2. Rouleau arrière (directionnel)

3. Anneaux dans lequel on insérait la barre de liaison

4. Renforcement

5, 6, 7. Anneaux pour fixation d'ensemble

8. Crochets de remorquage

Elles mesurent 3m de large, 2,5m de haut, 3m de long et pèsent 1400kg.

 

Ces barrières pouvaient barrer le passage à travers champs, bloquer une route etc. Les queues de manoeuvre, équipées de rouleaux directionnels, permettaient d'ouvrir ou de fermer à volonté un passage. Pour interdire complètement un passage les barrières pouvaient être reliées et bloquées entre elles par une barre de liaison qui les rendait solidaires.

Ce système de défense a particulièrement séduit le gouvernement belge qui a passé commande de 77000 barrières afin de constituer une ligne de défense entre la ville de Koningshooikt et la ville de Wavre, que les chars allemands contourneront en passant par les Ardennes. Si ces barrières avaient une certaine efficacité contre des chars Renault en 14/18, elles ne faisaient pas le poids devant les Panzers allemands. Après la reddition de la Belgique le 28 mai 1940, les Allemands se sont servis de ces barrières pour renforcer le mur de l'Atlantique. Ils leur ont donné le nom de  "C Element "

Porte Belge en Normandie (Col. privée)

Porte Belge en Normandie (Col. privée)

Portes belges reliées entre elles pour former une barrière (Bundesarchives)

Portes belges reliées entre elles pour former une barrière (Bundesarchives)

-Le Hérisson tchèque:

Il s'agit de 3 rails de chemin de fer ou 3 cornières en acier reliées entre elles à angle droit en leur milieu par des plaques centrales de jonctions carrées

Ils sont utilisés comme obstacle anti-char avec une réelle efficacité. Leur avantage est que, même déplacé ou bousculé, il y a garde toujours son efficacité.

Dimensions:

Longueur des cornières (ou rail): 1,80m

Largeur de l'aile des cornières: 14cm

Les plaques centrales de jonctions carrées mesurent 55cmx55cm

L'épaisseur de l'acier composant les cornières et les plaques de jonction est de 1,5cm

Les jonctions se font perpendiculairement à 90cm de l'extrémité de la cornière

La fixation de l'ensemble est assurée soit  par 32 rivets ou par 32 boulons de 2 cm diamètre

La dent est à 5 cm de chaque extrémité de chaque aile de cornière.

Le poids total est de 200kg

Hérissons tchèques en Normandie (Bundesarchives)
Hérissons tchèques en Normandie (Bundesarchives)

Hérissons tchèques en Normandie (Bundesarchives)

Sur les photos ramenées par les avions de reconnaissance, on ne peut pas toujours distinguer si ces obstacles sont mobiles ou fichés dans le sable. On ne connait pas non plus leurs dimensions précises ni de quel métal ils sont constitués. Ces détails sont importants à connaitre afin de savoir comment les Engineer's pourront les neutraliser, quelle sorte d'explosif ils devront utiliser et en quelle quantité. Pour les hérissons tchèques, c'est plus facile car on sait qu'ils sont construits à partir d'anciens rails de chemins de fer du réseau  ferré  français de 1,20 m de longueur et qui pèsent 75 livres. Des hérissons sont construits à partir de ces normes et les bulldozers des Engineer's les écrasent comme des châteaux de cartes. Mais voilà qu'un officier découvre par hasard dans des archives, que les Etats-Unis ont livrés aux français, durant la première guerre mondiale, des rails de 100 livres. On construit des hérissons avec ces rails américains et on les teste avec des chars Sherman. C'est un désastre, les chars s'empalent sur les obstacles et perdent leurs chenilles. Il y a peut-être une chance sur un million que les hérissons tchèques mis en place par Rommel soient fabriqués avec des rails américains mais cette chance existe et il faut vérifier.

Il y a aussi d'autres mystères à élucider.  A plusieurs jours d'intervalles, des Spitfires font des passages à basse altitude sur les plages de la Manche pour les photographier. Les experts remarquent que plusieurs fois, le même secteur est survolé et l'un d'entre eux remarquent une anomalie: Les mêmes hérissons tchèques apparaissent sur les clichés mais, s'ils n'ont pas bougé de place, leurs hauteurs semble être différentes à chaque cliché.

Le 23 avril 1944, un pilote, chargé d'attaquer les batteries de Houlgate, rate sa cible et sa bombe tombe dans l'eau, à marée haute, en plein sur la plage. Ce pilote s'attendait à voir une explosion créée par sa bombe mais il est surpris de voir une série d'explosions en cascade très importantes au point que son avion est un instant déséquilibré par les souffles et il a toutes les peines du monde à le rattraper. Dès son atterrissage, il mentionne le fait dans son rapport. L'Etat-major est surpris et craint que les Allemands aient inventé une nouvelle arme. Il est grand' temps de tirer tout ça au clair aussi on décide d'envoyer des commandos sur place.

 Dans la nuit du 26 au 27 décembre 1943, ce ne sont pas des Anglais qui sont choisis cette fois-ci pour exécuter cette mission. Ce sont 5 hommes du 8th  Troop du 10th French Commando. Ils seront commandés par l'officier des équipages Francis Vourch et le maître Frédéric Klopfenstein. Le raid portera le nom de code "Hardtack 21" et opérera sur la plage de Quinéville, dans le Cotentin. Le commando sera amené à 1,5 km de la plage par une vedette rapide de la Royal Navy, puis ils accosteront à marée basse au moyen d'un canot pneumatique.

Chaque homme a une tache bien distincte à effectuer: L'officier Vourch doit trouver une porte belge et en prélever un morceau de métal avec une scie à métaux. Le maître Klopfenstein doit trouver l'emplacement d'éventuelles mines, de relever la nature des obstacles antichars. Un homme doit mesurer la déclivité de la plage, un autre doit suivre le maître Klopfenstein et faire autant de prélèvement de sable qu'il est nécessaire, le dernier est chargé de surveiller les alentours et de trouver des algues pour camoufler le prélèvement de métal dans la porte belge.

L'opération n'est pas facile car ils ne peuvent se déplacer qu'en rampant et cette position ne favorise pas le maniement de la scie à métaux. L'officier Vourch a l'impression que chaque coup de scie fait un bruit d'enfer bien qu'il soit couvert par le bruit du ressac de la mer. Il n'a pas le droit à l'erreur car il ne dispose que d'une seule lame de scie et il doit faire attention à ne pas casser celle qu'il possède. De plus, il fait un froid de canard, n'oublions pas qu'ils sont dans la nuit du 26 au 27 décembre, et il est obligé de se relayer de temps à autre avec un autre commando car le froid lui engourdit les mains. Cela fait déjà deux heures et demie qu'ils sont sur place et ils n'ont pas l'impression d'avancer d'un pouce. Soudain, l'homme de guet pousse un juron assourdi et fonce vers la mer: Pendant qu'ils étaient occupés à leur mission, ils n'ont pas remarqué que la mer montait et qu'elle était en train d'emmener au large le canot pneumatique qu'ils ont échoué sur le sable, leur interdisant, de ce fait, toute sortie de la plage. L'homme parvient à  rattraper le canot à la nage mais il revient trempé et complètement frigorifié. Heureusement, leurs efforts finissent par payer et ils peuvent retourner vers la vedette qui les attend au large. Par radio, le capitaine de la vedette prévient un officier des Opérations combinées. Dès leur accostage à Newhaven, celui-ci prend l'échantillon de métal et le porte immédiatement à un laboratoire de Londres

Cette mission a été bénéfique sur tous les points:

-L'Etat-major connait maintenant les dimensions des portes belges, leurs structures, la nature du métal entrant dans sa construction et ils peuvent en déterminer le poids.

- Il s'aperçoit que les hérissons tchèques utilisés par les allemands ne sont pas composés de rails de chemin de fer mais de cornières d'acier plus hauts que prévus car mesurant 1,80m au lieu de 1,20m.

- Il apprend que tous les pieux (asperges de Rommel) sont surmontés de Tellermine (mine plate anti-char) reliées entre elles par des câbles les faisant exploser en cascade. (D'où la série d'explosions constatée par le pilote qui a raté sa cible)

- Il constate que les parties immergées à marée haute des plages normandes ne sont pas minées. En effet, cela n'aurait servi à rien de déposer des mines dans le sable car la force des courants les auraient soit déterrées, soit déplacées créant ainsi un danger supplémentaires pour les troupes devant travailler au renforcement du mur de l'Atlantique. Après le débarquement, les Engineer's s'aperçurent très vite que les Tellermines montées sur les pieux étaient très instables, leur mécanisme ayant été altéré par l'eau de mer.

- Il apprend que la force des courants est telle qu'ils déplacent le sable des plages et que celui-ci a tendance à recouvrir tout ce qui se trouvait sur la plage, d'où les différences de longueurs des hérissons tchèques;

Photos de reconnaissance aérienne mettant en évidence le rôle des marées sur les déplacements du sable sur les plages de Normandie, secteur D3 d'Omaha Beach. (NA/USA)
Photos de reconnaissance aérienne mettant en évidence le rôle des marées sur les déplacements du sable sur les plages de Normandie, secteur D3 d'Omaha Beach. (NA/USA)

Photos de reconnaissance aérienne mettant en évidence le rôle des marées sur les déplacements du sable sur les plages de Normandie, secteur D3 d'Omaha Beach. (NA/USA)

Malgré tous ces efforts et ces précautions, cela n'empêchera pas des chars de s'enliser sur des plaques argileuses que les commandos avaient repérées au risque de leur vie.

Un bulldozer américain tracte un blindé anglais enlisé dans  une plaque argileuse (NA/USA)

Un bulldozer américain tracte un blindé anglais enlisé dans une plaque argileuse (NA/USA)

Chars Sherman enlisés (NA/USA)
Chars Sherman enlisés (NA/USA)

Chars Sherman enlisés (NA/USA)

Tellermine surmontant un obstacle (Bundesarchives)

Tellermine surmontant un obstacle (Bundesarchives)

Croquis réalisés par Rommel lui-même montrant la disposition et le piégeage des obstacles (Bundesarchives)
Croquis réalisés par Rommel lui-même montrant la disposition et le piégeage des obstacles (Bundesarchives)

Croquis réalisés par Rommel lui-même montrant la disposition et le piégeage des obstacles (Bundesarchives)

L'officier des équipages Francis Vourch débarqua le 6 juin 1944 avec le commando Kieffer à Ouistreham et il prit part à toute la campagne de Normandie. Il est décédé à Brest le 2 juin 1987 à l'âge de 74 ans

L'officier des équipages Francis Vourch en 1945 (IVM)

L'officier des équipages Francis Vourch en 1945 (IVM)

Le maître Frédéric Klopfenstein débarqua et a été blessé le 6 juin 1944 à Colleville-sur-Orne. Il est décédé en 1964

Le maître Frédéric Klopfenstein en 1944 (IWM)

Le maître Frédéric Klopfenstein en 1944 (IWM)

La parfaite connaissance des fortifications, des obstacles et de l'armement par les Alliés a eu des répercutions désastreuses pour les Allemands car ceux-ci ont vus leurs ennemis contourner certaines de leurs positions de façons très précises et les prendre à revers. Mis à part les batteries de la Pointe de la Percée, de Quinéville et celles de St Marcouf, la plupart des batteries du mur de l'Atlantique en Normandie ne résisteront pas au-delà de la matinée au feu des navires de la Navy et aux rockets des Typhoons de l'aviation alliée.

Lors des combats très durs pour la prise de Cherbourg qui ont opposés le Général Oberst Karl-Wilheim Von Schlieben commandant la 709e Divizion au Général Joseph Lawton Collins commandant le 7th Américain Army Corps comprenant les 4th, 9th et 79th US Infantry Division, le général allemand a eu une surprise qui l'a profondément marqué. Le 25 juin au soir, le général américain a lancé un ultimatum au général allemand en lui faisant savoir que les troupes américaines l'encerclaient et que pour éviter tout bain de sang inutile il valait mieux se rendre. Le général allemand a sollicité une entrevue au général américain pour demander entre autre, l'évacuation des blessés allemands. L'entrevue a eu lieu entre les deux généraux. Lors de celle-ci, après avoir accepté l'évacuation des blessés, le général américain a sorti de sa poche une carte d'état-major, l'a dépliée et l'a posée sur une table devant le général allemand. Le général américain a seulement dit à son homologue allemand:" Veuillez regarder ceci."Le général allemand s'est avancé près de la table et a regardé la carte. Au fur et à mesure qu'il en prenait connaissance, son visage devenait de plus en plus blême. Sur cette carte figurait chacune de ses batteries avec le détail du calibre, du stock des munitions, des hommes les servant. Même les noms des officiers y figuraient. Seule la 11e batterie du 1709e Artillerie Regiment  de l'île de St Marcouf comprenait une erreur. Un officier, le Leutnant Ralf Neste, qui commandait celle-ci avait été évacué le 5 mai précédent à la suite de l'explosion accidentelle d'un obus antichar où il avait été blessé. Tout le reste était parfaitement exact. Au bout de quelques temps, le général allemand a levé les yeux vers le général américain, et s'est adressé à lui en lui disant:"Das ist Ummöglicht! (C'est impossible)".Puis, après un instant de silence: "Je vous donnerais ma réponse demain matin mais auparavant je veux consulter mes hommes." Les deux hommes se saluèrent et chacun regagna ses positions. Le lendemain matin, drapeau blanc en tête, les troupes allemandes se rendirent aux Américains.

Le général Karl Wilhelm Von Schlieben à son arrivée au château de Servigny où il signera sa reddition. (NA/USA)
Le général Karl Wilhelm Von Schlieben à son arrivée au château de Servigny où il signera sa reddition. (NA/USA)

Le général Karl Wilhelm Von Schlieben à son arrivée au château de Servigny où il signera sa reddition. (NA/USA)

La reddition du général Karl Wilhelm Von Schlieben. L'amiral Walter Hennecke est de dos, col relevé. De face le général américain Joseph  Lawton Collins (NA/USA)

La reddition du général Karl Wilhelm Von Schlieben. L'amiral Walter Hennecke est de dos, col relevé. De face le général américain Joseph Lawton Collins (NA/USA)

La reddition du général Karl Wilhelm Von Schlieben (NA/USA)

La reddition du général Karl Wilhelm Von Schlieben (NA/USA)

Reddition du général Von Schlieben (casqué) à Cherbourg, le 26 juin 1944. L'amiral Walter Hennecke est l'officier vu de profil, le soldat qui lève le bras lui amène son uniforme de parade qu'il refusera (NA/USA)

Reddition du général Von Schlieben (casqué) à Cherbourg, le 26 juin 1944. L'amiral Walter Hennecke est l'officier vu de profil, le soldat qui lève le bras lui amène son uniforme de parade qu'il refusera (NA/USA)

Le général américain Joseph  Lawton Collins (NA/USA)

Le général américain Joseph Lawton Collins (NA/USA)

Pourtant, certains Allemands ont fait preuve d'ingéniosité en matière de camouflage allant jusqu'à camoufler des bunkers en paisibles maisons bourgeoises avec une certaine réussite. Le problème est que, tous les travaux entrepris étaient voués à l'échec car les camouflages étaient faits au vu et au su de la population civile, parfois même en utilisant une partie de cette population comme main-d'œuvre réquisitionnée. De plus, les troupes servant dans ces bunkers étaient constamment  présentes autour de la construction et étaient vites repérées par les techniciens de la R.A.F sur les photos de reconnaissances aériennes.

Dans le midi de la France, à proximité de la forêt des Maures, les avions de reconnaissances alliés voyaient souvent une petite Micheline avec ses trois wagons de couleur claire sur la ligne ferroviaire Toulon-St Raphaël. Justement, cette machine apparaissait un peu trop souvent sur les clichés et toujours au même endroit. Après examen approfondi, il s'avéra qu'il s'agissait en fait de blockhaus et d'ouvrages fortifiés allemands peints aux couleurs des trains de la SNCF de l'époque. Sur les routes du midi de la France, les Allemands ont été jusqu'à peindre des convois entiers de la Wehrmacht sur le bitume (source: Jacques Robichon dans son livre Le Débarquement de Provence)

 Le problème était le même en ce qui concernait les essais de camouflages de fausses pièces d'artilleries, de faux bunkers. Les Allemands étaient surveillés et épiés 24/24h à tel point que tout mouvement ou tout fait étaient rapidement signalés aux Alliés. Le Feldmarschal Erwin Rommel lui-même en a fait les frais le 10 mai 1944 lors d'une visite d'inspection de la batterie de Morsalines, dont il voulait vérifier si son camouflage était suffisant. Le Feldmarchall avait été averti par ses services que la radio anglaise "Radio Sender Calais" émettant d'Angleterre, (crée par Sefton Delmer) en langue allemande à l'usage des troupes allemandes du littoral de la Manche, avait annoncé, la veille au soir, sa visite des troupes de Cherbourg aussi  avait-il modifié son programme pour faire mentir cette radio anglaise. On avait remplacé la visite de Cherbourg par celle de batterie de Morsalines. La batterie fut bombardée et pulvérisée par la RAF 2h avant la visite de Rommel. Lorsqu'il écouta la radio anglaise, 3 heures après être arrivé sur les lieux, il entendit le speaker annoncer ironiquement:" Eh bien Herr Rommel, vous avez enfin réussi à la trouver votre batterie de Morsalines que vous n'aviez pas vue lors de votre dernière visite tellement elle était bien camouflée"? (source "Opération Radio-noire de Sefton Delmer)

L'état de la batterie de Morsalines, après le passage de la RAF, de nos jours. (Hand Maid Tours)
L'état de la batterie de Morsalines, après le passage de la RAF, de nos jours. (Hand Maid Tours)

L'état de la batterie de Morsalines, après le passage de la RAF, de nos jours. (Hand Maid Tours)

Camouflage en trompe l'œil d'un bunker en maison d'habitation mais les troupes sont trop voyantes et trop présentes autour d'un lieu qui était censé être occupé par des civils. (Bundesarchiv)
Camouflage en trompe l'œil d'un bunker en maison d'habitation mais les troupes sont trop voyantes et trop présentes autour d'un lieu qui était censé être occupé par des civils. (Bundesarchiv)

Camouflage en trompe l'œil d'un bunker en maison d'habitation mais les troupes sont trop voyantes et trop présentes autour d'un lieu qui était censé être occupé par des civils. (Bundesarchiv)

Autre exemple de camouflage de bunker pour pièce de 76,2mm en maison avec un faux toit de tuiles. Celle-ci se situait près du village de Quinéville, dans le Cotentin. Les faux volets camouflent l'embrasure du canon dont on aperçoit le frein de bouche (Bundesarchiv)

Autre exemple de camouflage de bunker pour pièce de 76,2mm en maison avec un faux toit de tuiles. Celle-ci se situait près du village de Quinéville, dans le Cotentin. Les faux volets camouflent l'embrasure du canon dont on aperçoit le frein de bouche (Bundesarchiv)

Derrière cette sentinelle allemande qui scrute l'horizon, se trouve un bunker camouflé en maison d'habitation. Ce qui a mis la puce à l'oreille des services alliés, c'est que, si elle avait été réelle, cette maison n'aurait pas été construite si près du bord des falaises pour des raisons évidentes de sécurité pour ses habitants. (Bundesarchiv)

Derrière cette sentinelle allemande qui scrute l'horizon, se trouve un bunker camouflé en maison d'habitation. Ce qui a mis la puce à l'oreille des services alliés, c'est que, si elle avait été réelle, cette maison n'aurait pas été construite si près du bord des falaises pour des raisons évidentes de sécurité pour ses habitants. (Bundesarchiv)

Camouflage d'un bunker d'observation en grosse maison bourgeoise traditionnelle avec pose d'un faux toit recouvert de chaume, terrasse et peintures en trompe-l'oeil. C'est le général Rudolph Schmetzer, inspecteur des défenses terrestres en Europe qui est l'initiateur de ce projet.  (Bundesarchiv)

Camouflage d'un bunker d'observation en grosse maison bourgeoise traditionnelle avec pose d'un faux toit recouvert de chaume, terrasse et peintures en trompe-l'oeil. C'est le général Rudolph Schmetzer, inspecteur des défenses terrestres en Europe qui est l'initiateur de ce projet. (Bundesarchiv)

La Pointe Du Hoc

Il y a eu quand même quelques couacs qui coûtèrent cher en vies humaines comme celui qui concernait les batteries de la Pointe du Hoc qui n'étaient plus en place. De furieux combats menés par les 225 hommes de 3 compagnies de "Ranger's" du 2nd Battalion commandés par le colonel James Rudder qui se sont rués pendant plusieurs jours à l'assaut des falaises, au moyen, entre autres d'échelles télescopiques de pompiers, prêtées par la ville de Londres, fixées sur des DUKW, sous un feux nourri des Allemands dont la garnison était forte de 125 fantassins et 80 artilleurs et qui avaient des mitrailleuses MG42, des mortiers de 50mm et des grenades à leur disposition. Le soir du 1er jour, 135 hommes sur les 225 ayant donné l'assaut sont tués. Le site sera pris définitivement le 8 juin vers midi. Pendant ce temps, les 6 canons "Howitzer" de 155mm d'origine française, attendaient  patiemment, camouflés sous des bâches, dans un verger à 300 m de là, que l'organisation Todt termine les travaux d'édification des casemates, sensées les protéger, et que l’on veuille bien les mettre en place                                                                             

Un autre couac a été la méconnaissance par les Américains de l'arrivée inopinée dans la région d'Omaha Beach de la fameuse 352e Divizion Infanterie allemande qui revenait du front russe, alors qu'ils pensaient y trouver une troupe composée d'hommes âgés et peu aguerris. Les Résistants ont essayés de prévenir les Alliés en envoyant des pigeons voyageurs vers l'Angleterre mais ceux-ci furent abattus par les sentinelles postées sur la côte. Si ces membres de la Résistance avaient été munis d'émetteurs radio, tant réclamés aux anglais et qui leur ont été refusés, le massacre de centaines d'hommes sur la plage d'Omaha aurait certainement été évité.

Les Ranger's du 2nd Battalion escaladent La Pointe du Hoc au moyen d'échelles de cordes, de pompiers ou de cordes retenues par des grappins. On imagine les difficultés pour accéder au sommet quand on voit les parois abruptes de la falaise et ce, sous un feu nourri  (NA/USA)

Les Ranger's du 2nd Battalion escaladent La Pointe du Hoc au moyen d'échelles de cordes, de pompiers ou de cordes retenues par des grappins. On imagine les difficultés pour accéder au sommet quand on voit les parois abruptes de la falaise et ce, sous un feu nourri (NA/USA)

Mortier lance-grappin et grappin utilisés par les Américains pour escalader la Pointe du Hoc (NA/USA)
Mortier lance-grappin et grappin utilisés par les Américains pour escalader la Pointe du Hoc (NA/USA)

Mortier lance-grappin et grappin utilisés par les Américains pour escalader la Pointe du Hoc (NA/USA)

La Pointe du Hoc à la fin des combats le 8 juin. Les GI's ont autant de mal à parvenir au sommet de la falaise. (/NA/USA)

La Pointe du Hoc à la fin des combats le 8 juin. Les GI's ont autant de mal à parvenir au sommet de la falaise. (/NA/USA)

Des échelles, prêtées par les pompiers de Londres, ont été montées sur des DUKW pour escalader les falaises de la pointe du Hoc.(NA/USA)Des échelles, prêtées par les pompiers de Londres, ont été montées sur des DUKW pour escalader les falaises de la pointe du Hoc.(NA/USA)
Des échelles, prêtées par les pompiers de Londres, ont été montées sur des DUKW pour escalader les falaises de la pointe du Hoc.(NA/USA)

Des échelles, prêtées par les pompiers de Londres, ont été montées sur des DUKW pour escalader les falaises de la pointe du Hoc.(NA/USA)

Ces GI's sont parvenus à atteindre le sommet de la Pointe du Hoc et défendent âprement le Q.G du colonel Rudder. (NA/USA)

Ces GI's sont parvenus à atteindre le sommet de la Pointe du Hoc et défendent âprement le Q.G du colonel Rudder. (NA/USA)

Equipe mortier opérant à partir d'un cratère d'obus, faisant une pause durant les combats à la Pointe du Hoc (NA/USA)

Equipe mortier opérant à partir d'un cratère d'obus, faisant une pause durant les combats à la Pointe du Hoc (NA/USA)

Obus piégé disposé par les Allemands, le long de la falaise de la Pointe du Hoc. (NA/USA)

Obus piégé disposé par les Allemands, le long de la falaise de la Pointe du Hoc. (NA/USA)

12- Pourquoi le débarquement a réussi? (2e Partie)
12- Pourquoi le débarquement a réussi? (2e Partie)
Les canons Howitzer, d'origine française, camouflés dans les haies, retrouvés par les Américains après les combats (NA/USA)
Les canons Howitzer, d'origine française, camouflés dans les haies, retrouvés par les Américains après les combats (NA/USA)

Les canons Howitzer, d'origine française, camouflés dans les haies, retrouvés par les Américains après les combats (NA/USA)

Le verger dans lequel fut découvert les canons Howitzer (NA/USA)

Le verger dans lequel fut découvert les canons Howitzer (NA/USA)

Canon allemand à la Pointe du Hoc en février 1944. Ils seront enlevés de leur emplacement pour permettre la construction des casemates  (Bundesarchives)
Canon allemand à la Pointe du Hoc en février 1944. Ils seront enlevés de leur emplacement pour permettre la construction des casemates  (Bundesarchives)

Canon allemand à la Pointe du Hoc en février 1944. Ils seront enlevés de leur emplacement pour permettre la construction des casemates (Bundesarchives)

Photo aérienne de reconnaissance prise après les combats montrant les impacts des bombardements. Les emplacements des encuvements des canons y sont particulièrement visibles. Il est à noter que le terrain de cette zone a été concédé à vie aux USA par la France et est considéré comme territoire américain mais ne bénéficie pas de l'extraterritorialité. Ce terrain est resté tel qu'à l'issue des combats jusqu'en 2004, date à laquelle il a été entièrement déminé, débarrassé des engins non explosés et restructuré en vue des cérémonies du 60e anniversaire du débarquement. Des corps de GI's et d'Allemands enchevêtrés seraient encore en place aussi le lieu est-il considéré comme un sanctuaire. (NA /USA)

Photo aérienne de reconnaissance prise après les combats montrant les impacts des bombardements. Les emplacements des encuvements des canons y sont particulièrement visibles. Il est à noter que le terrain de cette zone a été concédé à vie aux USA par la France et est considéré comme territoire américain mais ne bénéficie pas de l'extraterritorialité. Ce terrain est resté tel qu'à l'issue des combats jusqu'en 2004, date à laquelle il a été entièrement déminé, débarrassé des engins non explosés et restructuré en vue des cérémonies du 60e anniversaire du débarquement. Des corps de GI's et d'Allemands enchevêtrés seraient encore en place aussi le lieu est-il considéré comme un sanctuaire. (NA /USA)

Il faut souligner aussi le rapport de forces très disproportionné entre les services de renseignements Alliés (M.I 5, OSS) et ceux des Allemands. Le problème de ceux-ci était que leurs services secrets étaient divisés en deux branches qui se tiraient allègrement et réciproquement dans les pattes:

-Le "ReichSicherHeitsDienst"(Bureau de sécurité du Reich) plus connu sous le nom de R.S.H.D, dirigé par Heinrich Himmler sous l'autorité des SS, et qui incluait la GeheimeStaatsPolizei (Police secrète d'état plus connue sous le nom de Gestapo), dans ses rangs.

-L'Abwehr qui était le service secret de la Heer (l'armée en général) et qui était dirigé par l'amiral Canaris. Ce service possédait le poste d'écoute radio le plus perfectionné du monde (Direction Y) qui permettait d'enregistrer instantanément toute conversation téléphonique tenue en Europe occupée. Il décelait et captait toutes les liaisons radios à des distances considérables pour l'époque.

Que ce soit l'un ou l'autre de ces 2 services allemands, aucun des deux n'a été en mesure d'infiltrer un seul agent en Angleterre pendant toute la durée de la guerre et chaque tentative s'est soldée par un échec aboutissant à l'arrestation de l'agent et à son exécution par pendaison. Pourtant, à partir de 1943, la quantité et la diversité des militaires étrangers de toutes armes, qui étaient basés en Angleterre auraient pu être utilisé par les Allemands pour s'infiltrer. Pour mesurer le taux de vigilance de la police et de la population, des agents de la sécurité britanniques ont fait une expérience. Sur ordre de leur hiérarchie, une quinzaine d'agents se sont habillés en uniformes d'officiers de la Luftwaffe et de la Wehrmacht et se sont promenés ainsi pendant plusieurs jours dans Londres, prenant le métro, dînant au restaurant, fréquentant les pubs etc. Pas un seul n'a été inquiété, pas plus qu'à aucun moment on ne leur a demandé de justifier de leur identité et cela a été une source d'inquiétude de plus pour les services de sécurité anglais.

De même, la reconnaissance aérienne de la Luftwaffe, si elle a bien vu certaines choses, a été dans l'incapacité de découvrir ce à quoi pouvait servir ce qu'elle avait découvert. Par exemple, les avions de reconnaissance ont bien vu la construction des gigantesques cubes de béton sur les rives de certaines rivières anglaises. Les spécialistes chargés d'interpréter les photos ont observé les travaux et en ont déduit qu'il s'agissait de silos ou de hangars pour protéger le fret déchargé des bateaux. Jamais le soupçon qu'il pouvait s'agir de caissons "Phoenix" entrant dans la constitution de ports artificiels "Mulberry" ne leur est venu à l'esprit. Il faut dire aussi, à leur décharge, que le procédé était inconnu et n'était même pas envisageable à l'époque où il a été réalisé.

Par contre, les services de renseignements alliés atteignirent des points proches de la perfection en matière d'infiltration grâce aux renseignements  fournis par les réseaux de Résistance locales mais aussi par des prisonniers allemands retournés contre leur pays par les services secrets.

Entre septembre 1944 et avril 1945, l'Office of Strategic Service américain, mieux connu sous l'appellation OSS, a parachuté près de 200 agents en Allemagne dont 84 en uniformes allemands. La plupart de ces hommes étaient des allemands antinazis dont Paul Lindner. Si la fausse qualité de soldat de la Wehrmacht facilitait les déplacements, elle nécessitait un travail et une préparation technique en amont très poussée et très minutieuse. En effet, chaque soldat allemand devait présenter son "Solbuch" à chaque réquisition de la Gestapo, de la Feldgendarmerie, la SS etc. qui recherchaient les éventuels déserteurs. Dans ce livret toutes les affectations, les garnisons successives du soldat devaient être mentionnées, ainsi que les signatures et tampons d'Etats-majors.

Exemple de Soldbuch en vigueur dans l'armée allemande (Bundesarchives) Exemple de Soldbuch en vigueur dans l'armée allemande (Bundesarchives)
Exemple de Soldbuch en vigueur dans l'armée allemande (Bundesarchives)

Exemple de Soldbuch en vigueur dans l'armée allemande (Bundesarchives)

Sur les 84  agents en uniformes parachutés en Allemagne par l'OSS, aucun ne fut trahi par ses papiers pour la bonne et simple raison que les agents parachutés possédaient de véritables Soldbuch. Ceux-ci avaient été pris sur les milliers de prisonniers de guerre allemands pris par les alliés après le débarquement, seule la photo avait été remplacée par celle de l'agent et, comme la plupart étaient des soldats allemands antinazis, c'était la photo de leur propre Solbuch qui était apposée. Deux agents ont été victimes de malchance, un a été reconnu par un ancien camarade de travail, un autre dénoncé par une ancienne petite amie à qui il avait été rendre visite. Ils furent arrêtés et fusillés. Un autre échappera de peu au peloton car son Soldbuch paraissait trop neuf, ce qui avait éveillé les soupçons des Felgendarmes. En effet, les services américains avaient imprimés le faux Solbuch, avaient parfaitement imités les signatures et tampons nécessaires mais avaient négligé de "vieillir" le document. Les Felgendarmes firent des contrôles auprès d'officiers appartenant aux régiments notés sur le document, lesquels confirmèrent que le soldat "untel" faisait bien partie de l'effectif durant la période inscrite. Les Feldgendarmes durent relâcher l'agent mais celui-ci a du cesser toute activité subversive car il faisait désormais l'objet d'une surveillance discrète mais constante de la part de la Gestapo.

Sur les 116 autres, des civils, 36 ont été arrêtés  sur dénonciation ou imprudence et fusillés.

 

Opération "Fortitude"(Courage):

Cette opération a été déclenchée au début des années 44 par les services secrets britanniques afin de leurrer les Allemands sur la date et le lieu du débarquement. Les Allemands pensaient que les Alliés débarqueraient dans un lieu de la côte française la moins éloignée de la Grande-Bretagne.

Les services secrets allemands ont été également dans l'incapacité de différencier les vrais régiments basés dans le sud de l'Angleterre des faux, pas plus qu'ils n'ont pu voir que le matériel (char, camions, planeurs etc.) stationné dans des champs étaient constitués de matériaux gonflables et qui étaient changés de place presque chaque nuit pour faire croire aux avions de reconnaissance allemands que les régiments faisaient mouvement. Des équipes étaient chargées de défoncer les champs et les chemins à proximité des bois pour faire croire que des engins blindés y étaient camouflés.  Il est à préciser que les batteries côtières de D.C.A anglaises avaient reçues pour instruction de "faciliter"le travail des avions de reconnaissance allemands en minimisant les tirs ou en faisant en sorte que les appareils ne soient pas touchés afin que ceux-ci ramènent les informations à leur base, tout en donnant l'apparence de protéger la côte.

Champ de faux chars gonflables en Angleterre.  (NA/USA)

Champ de faux chars gonflables en Angleterre. (NA/USA)

Les Anglais savaient que les Allemands avaient des stations d'écoute radio dans le Pas-de-Calais (dont la puissante "Direction Y") aussi ils mirent en place un faux réseau de communications censé être celui des liaisons entre les chefs de char faisant mouvement vers la côte du Kent, la plus proche de la France. Entre avril  et juin 1944, 13818 faux messages ont été émis. On imagina donner le commandement de cette armée fictive, nommée FUSAG pour "First US Army Group"  à un vrai général et on ne choisit pas le moindre puisqu'on avait désigné le général américain Patton pour faire cet office. On fit de fausses campagnes de presse où l'on pouvait voir  ce général donnant des interviews ou assistant à des soirées de charité.

Ecusson de manche du FUSAG (NA/USA)

Ecusson de manche du FUSAG (NA/USA)

Des champs bondés de toiles de tentes ont été disséminés un peu partout sur la côte Est de l'Angleterre autour desquels étaient parsemés des jerricans et des caisses de munitions vides. A l'intérieur de ces tentes, on avait installé des poêles qui brulaient un mélange de sciure et d'huile de vidange et qui dégageaient une épaisse fumée noire faisant croire que des cuisines travaillaient pour la troupe. On a même poussé la plaisanterie jusqu'à faire manœuvrer des vétérans et des réservistes de la Home Guard pour simuler des régiments en mouvements. Les hommes étaient stationnés sur les lieux où ils devaient intervenir, en uniforme et équipés. Ils ne se mettaient en place qu'au signal que leur envoyaient les stations de radars qui avaient repéré un avion de reconnaissance allemand.

Dans les ports on mit de fausses barges de débarquement en contreplaqué ou gonflables

Fausses barges de débarquement. (NA/USA)

Fausses barges de débarquement. (NA/USA)

Les Allemands n'étaient pas en reste: Dans son livre "Le grand cirque", Pierre Closterman dit qu'il survolait le 8 juin 1944 l'aérodrome allemand de St André de l'Eure dont la piste était criblée d'impacts de bombes et paraissait hors d'usage. Lors d'un passage à basse altitude un éclat du à un reflet du soleil attira son attention. Il effectua un  second passage et s'aperçu que les supposés cratères n'étaient que des peintures en trompe-l'œil. Pierre Closterman fit son rapport à ses supérieurs et quelques temps après le faux aérodrome fut bombardé par la RAF avec des fausses bombes en bois!

12- Pourquoi le débarquement a réussi? (2e Partie)
12- Pourquoi le débarquement a réussi? (2e Partie)
12- Pourquoi le débarquement a réussi? (2e Partie)
12- Pourquoi le débarquement a réussi? (2e Partie)
Faux camion, faux canon et faux char en matériaux gonflables fabriqués par la firme Goodyear. Ces matériels étaient si légers qu'ils étaient manipulés à la main et qu'il fallait les ancrer au sol pour éviter qu'ils ne s'envolent avec le vent. Pour déplacer le char, celui-ci était monté sur une armature métallique amovible fixé sur une jeep. (R. Capa/Magnum)

Faux camion, faux canon et faux char en matériaux gonflables fabriqués par la firme Goodyear. Ces matériels étaient si légers qu'ils étaient manipulés à la main et qu'il fallait les ancrer au sol pour éviter qu'ils ne s'envolent avec le vent. Pour déplacer le char, celui-ci était monté sur une armature métallique amovible fixé sur une jeep. (R. Capa/Magnum)

Les Alliés, quant à eux, disposaient d'un nombre incalculable d'agents dans le monde entier mais les réseaux les plus virulents étaient implantés en zone occupée c'est-à-dire principalement en France, en Belgique, en Hollande. Les Anglais ont envoyé des centaines d'agents pour aider les réseaux de résistances, pour leur apprendre le maniement des armes, à se servir des explosifs et des postes de radio. Ils ont aussi parachuté des milliers de containers d'armes, de munitions, d'argent. En contrepartie, les réseaux effectuaient des sabotages de matériels servant aux Allemands, repéraient les fortifications, renseignaient sur les implantations des régiments, la qualité et le moral des hommes qui les composaient, les mouvements des trains, des convois, des navires, des avions, des sous-marins mais aussi au rapatriement des pilotes abattus sur le territoire. Chaque résistant, homme ou femme et parfois enfant, était une épine implantée dans le pied des Allemands et tous les faits et gestes de ceux-ci étaient épiés.

 Les Anglais ont même demandé aux résistants de leur indiquer quel était le diamètre moyen des galets qui recouvraient le littoral de la Manche. La raison de cette question résultait d'une des causes principale de l'échec du raid lancé à Dieppe qui a été que les chars d'assaut anglais ont été immobilisés par les cailloux de la plage qui se sont incrustés dans les barbotins, ont éjecté, sous l'action du moteur, les maillons de chenilles de leur couronne dentée propulsive, privant ainsi les commandos d'un soutien logistique important et qui a abouti à leur écrasement final par les Panzers.

Mais le rôle de la résistance ne s'est pas arrêté le 6 juin. En effet, les réseaux ont réalisés l'exécution de 3 plans établis de longue date et qui devaient être déclenchés par des "messages personnels" codés émis sur les ondes de la B.B.C. Ces trois plans étaient:

-Le plan vert: il consistait à provoquer la paralysie des voies ferrées du réseau français soit par sabotage des rails, soit par le détournement ou le retard des trains afin qu'un minimum de matériels et de renforts arrivent en Normandie. 571 gares ou aiguillages ont été ainsi sabotés.

-Le plan violet: Il consistait à provoquer la paralysie des voies de transmissions (téléphone) ou à provoquer des coupures électriques, neutralisant ainsi les sirènes et les systèmes de signalisation

-Le plan Tortue: Il consistait à gêner au maximum la circulation routière tout en maintenant les ponts et viaducs en place afin de ne pas retarder ultérieurement le passage pour les Alliés.

 

Dégâts occasionnés sur les voies de chemins de fer par un plasticage de la Résistance. (NA/USA)

Dégâts occasionnés sur les voies de chemins de fer par un plasticage de la Résistance. (NA/USA)

A chacun de ces objectifs précis et numérotés, était affectée une équipe qui agissait en commandos et qui avait la consigne impérative de ne se manifester par aucune autre action qui risquerait de mettre la mission en péril et de se limiter aux objectifs assignés.

Les membres de la résistance remplirent si parfaitement leur rôle que le Général Eisenhower leur rendit personnellement hommage en déclarant publiquement que les hommes de la résistance française avaient fait autant de travail que deux divisions de soldats, que leurs interventions avaient sauvées autant d'hommes et que les actions menées avaient réduit de façon considérable la durée de la guerre.

Carte classée "TOP SECRET" de la région de Tilly-sur-Seulles montrant la parfaite connaissance qu'avaient les Alliés des voies de communication. Le moindre cheminement y figure. (IWM)

Carte classée "TOP SECRET" de la région de Tilly-sur-Seulles montrant la parfaite connaissance qu'avaient les Alliés des voies de communication. Le moindre cheminement y figure. (IWM)

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Publié dans débarquement

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