01- BLOODY OMAHA

Publié le par Hubert DENYS

BLOODY OMAHA

Lorsque l’état-major allié a mis sur pied l’opération " Overlord ", nom de code donné au débarquement, il savait qu’il y aurait des pertes en vies humaines. C’est le tribut à payer pour toute bataille et celle-là, ne ferait pas exception. En règle générale, les statistiques de l’époque admettaient la proportion de quatre blessés pour un tué mais on pressentait que le débarquement serait plus coûteux: Les stratèges américains avaient évalués les pertes humaines à 10 000 cadavres. Après le désastre de Dieppe, Churchill dira à Eisenhower :" Prenons garde à ce que les vagues ne rougissent pas du sang de la jeunesse américaine et britannique et que les corps de nos soldats ne s'amoncellent pas sur les plages."Bedell Smith, chef d'état-major d'Eisenhower, estime que l'opération Overlord n'aura que 50% de réussite.

 Le résultat final fut en deçà de toutes les estimations. Sur les secteurs américains de la plage d’Omaha, la tendance a carrément été inversée et même empirée: On a relevé plus de cinq morts pour un blessé. Certaines unités ont été décimées à 98% de leur effectif durant les premières vagues d’assaut.

Les soldats américains, officiers et hommes de troupes confondus, s’attendaient à de lourdes pertes et le moral n’était pas des meilleurs dans les casernements basés en Angleterre, les jours précédant l’invasion. Dans son livre "Les secrets du jour J", l’auteur, Gilles Perrault, écrit que plus de 90% des hommes choisis pour débarquer en Normandie s’attendaient à être tués sur les plages dans les premières minutes de l’offensive et qu’un officier sur deux n’espérait pas rentrer vivant au pays. Même la 1ere Division, la fameuse "Big Red One" demande son rapatriement.

Les hommes n'ont d'autant pas le moral qu'ils sentent que le débarquement est proche. En effet, dès le 8 mai, ils ont reçu l'ordre de renvoyer tous leurs effets personnels au pays, ils ne conserveront que leur tenue de combat, c'est le gouvernement qui paiera la note. On leur a déjà supprimé le courrier et ils n'ont plus le droit d'écrire de lettres à leur famille ou à leurs proches, même les valises diplomatiques sont supprimées au grand dam des ambassades. Ils savent aussi, en lisant les journaux, que les hôpitaux anglais renvoient chez eux les malades les moins atteints pour faire de la place et que les blanchisseries reçoivent l'ordre de traiter le linge des hôpitaux en priorité.

On a dit beaucoup de choses sur OMAHA :

Que les premières vagues étaient composées de prisonniers de droits communs condamnés à de lourdes peines voire même, pour certains, à la peine de mort et que ces hommes verraient leur "ardoise" effacée pour ceux qui survivraient. Que les hommes avaient reçu les derniers sacrements avant d’embarquer, qu’ils avaient reçu des médications ou de l’alcool avant de donner l’assaut. Tout ceci est faux. Tout homme qui a débarqué était sur le même pied d’égalité et était logé à la même enseigne que ses camarades pour la bonne et simple raison que les Américains pensaient que les défenses ennemies seraient annihilées par les tirs d’artillerie de marine et les bombardements aériens précédents toutes opérations de ce genre.

En ce qui concerne les médications que les hommes ont reçus, il s’agissait de comprimés contre le mal de mer, du genre Dramamine et encore, ils les ont reçus à leur demande. Par ailleurs, le fait que les hommes aient été ballottés pendant des heures durant la traversée de la Manche sur une mer démontée a eu pour résultat que la plupart des ces hommes ont été malades d’un bout à l’autre de cette traversée ce qui aurait fait que les éventuels et improbables médicaments absorbés auraient été inefficaces car aussitôt rejetés avec leurs vomissures.

Une seule exception a été faite le 6 juin 1944 et seulement ce jour-là. Celle-ci ne concerne pas les troupes des secteurs britanniques: Aucun homme de couleur n’a fait partie des vagues d’assaut américaines. Les premiers de ceux-ci ont débarqués avec la 320nd Barrage Balloon Battalion à 23h15 à la sortie E3 du Ruquet sur Omaha. La raison invoquée est que l’état-major craignait plus de représailles de nature raciale envers ces hommes de la part des Allemands au cas où ils tomberaient entre les mains de ceux-ci. Cela a été le seul cas d’exception.

Les premières barges arrivent à OMAHA. Les hommes essaient de se protéger au mieux du feu des mitrailleuses allemandes (NA /USA)Les premières barges arrivent à OMAHA. Les hommes essaient de se protéger au mieux du feu des mitrailleuses allemandes (NA /USA)

Les premières barges arrivent à OMAHA. Les hommes essaient de se protéger au mieux du feu des mitrailleuses allemandes (NA /USA)

La vérité est que les Américains ne s’attendaient pas à une telle résistance de la part des Allemands. Ils pensaient que les bombardements aériens et maritimes auraient neutralisé les défenses et mis les hommes hors de combat. En réalité, l’aviation et la marine ont été confrontées à un fort brouillard matinal (souvent artificiel) qui les a empêchés de localiser correctement les cibles et, par crainte de toucher leurs propres troupes qui avançaient, ont allongé leur tir, bombardant l’intérieur des terres et ratant de ce fait leurs cibles. Les bombardiers B17 ont déclenchés leur bombardement avec un retard de 4 secondes. Avec un avion volant à 462km/h, cela fait que les bombes sont tombées à 512m de l'objectif prévu. De plus, Eisenhower a ordonné que le bombardement préventif des plages ne dure pas plus de 45 mn. Le résultat a été très lourd de conséquences. Ils ne savaient pas non plus que les défenseurs allemands n'étaient pas seulement les réservistes inexpérimentés au combat qu’ils pensaient rencontrer mais que ceux-ci avaient reçu le renfort inopiné de la redoutable 352e division qui, elle, revenait de Russie et était parfaitement entraînée et aguerrie. Les messages que la Résistance avait envoyés par pigeons voyageurs pour informer les Alliés de ce fait n’étaient  jamais parvenus à destination, les volatiles ayant été abattus par les gardes qui surveillaient la côte et ce, parce qu'on avait lésiné sur l'envoi de poste de radios à la Résistance.

Les premiers hommes qui ont pris pied sur la plage ont littéralement été cloués au sol et hachés sur place par la puissance et la densité du feu adverse. Sur la seule plage d'Omaha, la mieux défendue, il y avait 8 casemates fixes pour l'artillerie lourde avec des canons de 88, 105 ou 155mmm, 35 bunkers abritant des canons légers et des armes automatiques, 18 canons antichars, 4 batteries d'artillerie lourde, 6 mortiers, 35 lance-fusées à tubes quadruples, 85 nids de mitrailleuses dont 37 MG42. Les plages normandes sont prises sous le feu des grosses batteries telles celles d'Ostek à Cherbourg, de Criqueville, de la Pointe du Hoc, du WN 73, de Longues sur mer et de Merville.

Ce cliché montre bien l’inefficacité des bombardements. On remarque que la majorité des impacts des bombes se situent à l’intérieur des terres. Ici à Utah Beach. (NA /USA)

Ce cliché montre bien l’inefficacité des bombardements. On remarque que la majorité des impacts des bombes se situent à l’intérieur des terres. Ici à Utah Beach. (NA /USA)

Ces  photos de Robert Capa, prises aux environs de 7 h à Easy Red, montrent les hommes cloués au sol  par les mitrailleuses allemandes, essayant de s’abriter des tirs. (R. Capa/Magnum)Ces  photos de Robert Capa, prises aux environs de 7 h à Easy Red, montrent les hommes cloués au sol  par les mitrailleuses allemandes, essayant de s’abriter des tirs. (R. Capa/Magnum)Ces  photos de Robert Capa, prises aux environs de 7 h à Easy Red, montrent les hommes cloués au sol  par les mitrailleuses allemandes, essayant de s’abriter des tirs. (R. Capa/Magnum)

Ces photos de Robert Capa, prises aux environs de 7 h à Easy Red, montrent les hommes cloués au sol par les mitrailleuses allemandes, essayant de s’abriter des tirs. (R. Capa/Magnum)

Un obus de mortier explose au milieu des GI’s déchiquetant l’un d’eux. On aperçoit le haut d’un corps dans le cercle rouge. La flèche montre un bras ,Les hommes courent pour se mettre à l’abri des tirs et des obus. L’homme au premier plan est bizarrement équipé d'une Mae-West (Life preserver type B.4) et a perdu son arme tandis que le second n’a pas encore enlevé la housse de la sienne. Le sol est déjà jonché de corps. (Col.privée)  Un obus de mortier explose au milieu des GI’s déchiquetant l’un d’eux. On aperçoit le haut d’un corps dans le cercle rouge. La flèche montre un bras ,Les hommes courent pour se mettre à l’abri des tirs et des obus. L’homme au premier plan est bizarrement équipé d'une Mae-West (Life preserver type B.4) et a perdu son arme tandis que le second n’a pas encore enlevé la housse de la sienne. Le sol est déjà jonché de corps. (Col.privée)

Un obus de mortier explose au milieu des GI’s déchiquetant l’un d’eux. On aperçoit le haut d’un corps dans le cercle rouge. La flèche montre un bras ,Les hommes courent pour se mettre à l’abri des tirs et des obus. L’homme au premier plan est bizarrement équipé d'une Mae-West (Life preserver type B.4) et a perdu son arme tandis que le second n’a pas encore enlevé la housse de la sienne. Le sol est déjà jonché de corps. (Col.privée)

Autre vue montrant les hommes cloués au sol. L’action se situe vers 8h30, à Easy Red, aux alentours du Ruquet, à Vierville-sur-mer (NA /USA)  A droite, Les hommes de la 10th Engineer Brigade essayent de s’abriter derrière des chars DD (Duplex Drive) ou derrière un tankdozer (NA /USA)Autre vue montrant les hommes cloués au sol. L’action se situe vers 8h30, à Easy Red, aux alentours du Ruquet, à Vierville-sur-mer (NA /USA)  A droite, Les hommes de la 10th Engineer Brigade essayent de s’abriter derrière des chars DD (Duplex Drive) ou derrière un tankdozer (NA /USA)

Autre vue montrant les hommes cloués au sol. L’action se situe vers 8h30, à Easy Red, aux alentours du Ruquet, à Vierville-sur-mer (NA /USA) A droite, Les hommes de la 10th Engineer Brigade essayent de s’abriter derrière des chars DD (Duplex Drive) ou derrière un tankdozer (NA /USA)

Pour se faire une idée du déluge de feu (le mot n’est pas trop fort) que les vagues d’assaut ont reçu, nous allons détailler pour exemple le point situé immédiatement sous l’actuel cimetière de Colleville-sur-Mer, qui était un des mieux équipé et un des plus puissants du secteur d’Omaha. Ce point est le WIDERSTAND NEST 62 (Nid de résistance), mieux connu sous le nom de WN 62.Il occupait un terrain d’environ 420 m de largeur sur une profondeur de 360 m mais ses armes couvraient un secteur d'environ 1 km. Son armement léger (ne comprenant pas les canons, les mortiers et les lance-flammes) était composé ainsi :

2 mitrailleuses sMG 248 d’origine polonaise, de calibre 7,92mm (dont une servie par Franz Gockel*) tirant chacune 800 coups/mn.

3 mitrailleuses MG 42 (voir photo page suivante), improprement appelée "Spandau " par les Alliés, dont une servie par Heinrich Severloh* tirant chacune 1200 coups/mn.

1 mitrailleuse antiaérienne jumelée, pouvant tirer en tir horizontal direct, tirant  900 coups/mn par affût soit 1800 coups/mn.

Ce qui fait que si l’on considère que toutes ces armes ont ouvert le feu ensemble durant les premiers instants de l’offensive, les soldats américains débarquant dans ce secteur, ont reçu :7000 balles à la minute

Tout cela sans compter les armements individuels tels que les excellents fusils Mauser KAR 98 K de calibre 7,92mm, les pistolets mitrailleurs MP 40, improprement appelés" Schmeisser", tirant à la cadence de 800 coups/mn, les pistolets automatiques du genre Walter ou Luger, les carabines de précision avec lunette des snippers, tous en dotation dans la Wehrmacht.

Pour l’anecdote, le Gefreiter Heinrich Séverloh, tireur d’élite, a tiré avec sa MG 42 (Maschinen Gewehr) de 6 h jusqu’à 15 h (Heure allemande) sans être repéré. Etant à court de munitions, il dût utiliser des cartouches à balles traçantes pour le tir de nuit, ce qui a permit à la Flotte de le repérer et de le blesser. Il a survécu aux combats. Lors d’une interview donnée après la guerre à un journaliste de la revue "Historia ", il a déclaré avoir tiré plus de 12 000 cartouches avec sa MG42, 400 coups avec son fusil Kar 98K et être le soldat allemand qui a fait le plus de victimes américaines de la seconde guerre mondiale. Le nombre de cartouches tirées a été estimé en fonction du nombre de caisses de munitions vides et du nombre de lamelles-chargeurs trouvées à l'emplacement d'Heinrich Severloh.

 

La mitrailleuse allemande MG 42 :Cette arme est montée ici sur affût tripode Lafette. Sa cadence de tir infernale de 1200coups/mn lui a valu le surnom de "tronçonneuse de Hitler" (Hitler's chainsaw) par les GI’s. Son canon, qui chauffe rapidement, est très facilement interchangeable en 6 à 10 s. Son efficacité est redoutable: 2MG 42 placées sur un col de montagne arrêtaient une division alliée et une courte rafale mettaient 6 à 8 balles dans le même homme à 300m de distance." Il était impossible de survivre en terrain découvert face à cette arme même en ayant une chance insolente".

La mitrailleuse allemande MG 42 :Cette arme est montée ici sur affût tripode Lafette. Sa cadence de tir infernale de 1200coups/mn lui a valu le surnom de "tronçonneuse de Hitler" (Hitler's chainsaw) par les GI’s. Son canon, qui chauffe rapidement, est très facilement interchangeable en 6 à 10 s. Son efficacité est redoutable: 2MG 42 placées sur un col de montagne arrêtaient une division alliée et une courte rafale mettaient 6 à 8 balles dans le même homme à 300m de distance." Il était impossible de survivre en terrain découvert face à cette arme même en ayant une chance insolente".

L'HECATOMBE

Lorsque l’on rencontre un vétéran américain qui a participé au débarquement en Normandie et qu’on lui demande s’il veut bien parler de cet évènement, on voit immédiatement un voile passer devant ses yeux en même temps qu’un rictus affecte son visage. Pour chacun d’entre eux, c’est le même et ils l’ont tous. Après un instant d’hésitation, ils poussent un soupir et parlent. Leur voix est basse et on sent que les mots ont du mal à sortir de leur bouche. On est alors frappé par la précision de leur récit: les noms, les lieux, les détails qui, plus de 65 ans après, sont toujours présents dans leur mémoire exactement comme s’ils parlaient de faits arrivés la veille, comme si ces détails étaient imprimés, photographiés dans un coin secret de leur cerveau.

-Au fur et à mesure de leur récit, on découvre l’horreur de ce qu’ils ont vécus. Les faits sont énoncés crûment, avec des mots qui ne laissent place à aucune ambiguïté. Quelquefois la voix s’éteint dans une amorce de sanglot retenu, les yeux deviennent brillants, ils se détournent légèrement, se raclent la gorge et après un "Sorry" gêné, ils reprennent leur récit là où il s’était interrompu.

Dans leurs propos, des mots reviennent souvent: le vacarme des explosions, l’odeur âcre de la poudre et celle, plus fade du sang, les cris des blessés, la multitude de copains au sol. Le détail qui surprend le plus, qu’ils sont unanimes à relater, est la couleur incroyable de la mer: Rouge. (Point controversé par certains vétérans qui eux, disaient que la mer était noire à cause des explosions d'obus de 88mm qui remuaient la vase.) Ils insistent tous sur ce point horrible qui a donné son surnom à la plage : "Bloody Omaha", Omaha la sanglante. Beaucoup de vétérans en voudront longtemps à l’Armée, après guerre, pour avoir passé ce détail sous silence. En effet, celle-ci a donné l’ordre de taire ce fait au point qu’elle avait recommandée à Cornélius Ryan, le réalisateur du film "Le jour le plus long "de l’omettre lors du tournage, contrairement à Steven Spielberg qui lui, l’a bien mis en évidence dans son film" Save the private Ryan ". La censure n’était plus de mise.

Parmi les témoignages, certains frappent plus l’esprit que d’autres, tel :

Celui du lieutenant J.Russel Davey Jr, médecin du peloton C8 du 6th Naval Beach Battalion, lui-même blessé à Easy-Red : "Le bruit des explosions était assourdissant, l’air était nauséabond, rempli d’une odeur de soufre, de peur, de vomi et de sang. Des hommes avaient le ventre béant, leurs intestins épars sur le sable et sur lesquels glissait un autre GI’s qui se relevait en maugréant. Un autre marchait, tenant dans sa main droite son bras gauche sectionné à hauteur de l’épaule avant de s’écrouler, vidé de son sang. Un autre homme à genoux avait un éclat de métal d’une dizaine de centimètres fiché dans son œil gauche et appelait l’aide d’un infirmier." Le lieutenant Russell Davey Jr est décédé le 25 juin 1948, des suites des blessures contractées à Easy-Red

Le lieutenant J, Russell Davey Jr. Il est décédé des suites de ses blessures le 25 juin 1948 (NA /USA)

Le lieutenant J, Russell Davey Jr. Il est décédé des suites de ses blessures le 25 juin 1948 (NA /USA)

Celui de William Marshall, du Missouri, sergent au 33rd Battalion, 5th Engineer Brigade affecté au déminage : "Sur la plage, au bord de l’eau, il y avait un LCI échoué dont la rampe était abaissée. Sur celle-ci, rouge de sang, des cadavres de GI’s étaient empilés les uns sur les autres jusqu'à deux mètres de hauteur. Tous avaient été fauchés par le feu des mitrailleuses. A un autre endroit, je contournai un blindé détruit par un obus et je butais contre une masse sanguinolente. Je réalisais qu’il s’agissait d’une cage thoracique béante, séparée du reste du corps. Celui-ci était coupé en deux, dans sa diagonale depuis l’aine gauche jusqu’à l’extrémité inférieure droite des aisselles. La partie supérieure incluant le visage avait disparue. D’autres morceaux de chairs méconnaissables étaient disséminés sur le sable. Je fus pris de nausées et vomis. Cette vision m’a poursuivi pendant des années."

Celui du lieutenant Robert J.Rieske, aide de camp du général de brigade Bill Wyman de la 1rst Infantry Division, la célèbre Big Red One, qui débarqua à Easy-Red: "Les hommes étaient bloqués sur les galets par un feu nourri de mitrailleuses. A un moment donné, j’ai vu à proximité de moi un homme allongé sur le ventre qui sanglotait, le corps soulevé par des hoquets convulsifs. Je me suis approché de lui en rampant pour le calmer car tout officier sait qu’un homme dont les nerfs lâchent peut influer gravement le moral des autres hommes. J’ai saisi cet homme par l’épaule, il a alors basculé sur le côté. Il avait un trou noir béant de la grosseur d’une pièce de dix cents au milieu du front. Ce que j’avais pris pour des hoquets étaient les derniers soubresauts nerveux de la vie qui s’échappait de cet homme et les sanglots n’étaient que le bruit de son sang qui s’écoulait dans le sable. Je m’en suis longtemps voulu d’avoir mis le courage de cet homme en doute."

Celui du private Thomas E.Herring, 19 ans,  de la C5, 5th Ranger's Battalion. Il avait failli être noyé par les 40 kg de son barda (alors qu’il ne pesait lui-même que 61 kg): "Dès que la rampe s’est abaissée, la tuerie a commencé. Les hommes des trois premiers rangs ont tous été fauchés par les mitrailleuses. J’ai vu dans l’eau, sur ma gauche, les impacts d’une nouvelle rafale qui arrivait de côté et se dirigeait sur nous. J’ai aussitôt plongé dans la mer pour l’éviter. Le poids de mon équipement m’a fait couler au fond, j’ai bu la tasse je ne sais combien de fois et, à force de me débattre, j’ai réussi à émerger et à gagner le sable. Je suis resté un long moment allongé dans l’eau pour reprendre mon souffle et c’est à ce moment-là que j’ai vu: le carnage était indescriptible, il y avait des corps et du sang partout. Les mitrailleuses visaient tout homme qui bougeait, les blessés étaient achevés, même les morts étaient atteints et les impacts faisaient tressauter leur corps comme si on voulait les tuer une seconde fois. Les obus de mortiers faisaient voler les hommes comme des pantins désarticulés. Une tête coiffée d’un casque, sectionnée au ras du cou et dont les yeux étaient grands ouverts, est tombée devant moi avec un drôle de bruit mat. J’ai alors vomi tout ce que j’avais dans l’estomac."

Le private Thomas E.Herring en 1944. Il est décédé le 30 mai 2005 et est inhumé au cimetière National d'Arlington. (NA /USA)

Le private Thomas E.Herring en 1944. Il est décédé le 30 mai 2005 et est inhumé au cimetière National d'Arlington. (NA /USA)

Celui d'Evelyn Kovalchuk, infirmière de l’Attached Medical Supply Section, embarquée à bord d’un avion chargé d’évacuer les blessés :

"Nous étions infirmières à bord de C 47 Dakota sanitaires et nous avions pour mission de soigner et ramener en Angleterre les blessés les plus graves. Nous décollions des bases anglaises avec des vivres, des médicaments, des brancards mais aussi des munitions, bien que cela soit interdit par la convention de Genève*. Le lendemain du débarquement, le 7 juin, nous avons atterri  à même la plage de St Laurent-sur-mer et avons déchargé l’avion. Ensuite, nous embarquions les blessés, 24 brancards par rotation. La première image dont je me souviens est celle d’un jeune soldat couvert de bandages de la taille jusqu’au cou autour duquel était attaché une paire de ciseaux destinée à couper les pansements si ce soldat était pris de nausées pendant le vol de retour. Je n’ai pas eu à le faire. Il est mort juste avant le décollage. J’ai alors incliné sa tête vers le hublot pour que personne ne se rende compte qu’il était décédé et qu’il soit débarqué. A un moment  de la journée, pendant une autre rotation, il y eu un incident. Parmi les blessés, il y avait 3 Allemands. Nos boys ont vus les uniformes et ont protesté en disant "que ces salauds prenaient la place de blessés américains". Nous les avons calmés et nous leur avons expliqué que pour nous, chaque blessé était avant tout un homme et que nous avions prêté serment de porter secours à tout individu quelle que soit sa nationalité, sa confession, sa couleur ou sa race. Ils ont bougonné mais l’incident a été clos. Entre deux rotations, nous allions au mess pour prendre une tasse de thé parfois allongé d’une rasade de whisky. Dès que nous entrions, tout le monde s’écartait de nous en disant "que nous sentions la mort". Après notre retour au pays, cinq filles de mon unité se sont suicidées. Il n’y a qu’un an que j’arrive à parler de l’horreur d’Omaha. Je n’y étais jamais retournée avant cette année 2004. Aujourd’hui encore, il m’arrive de me réveiller en sursaut au beau milieu de la nuit, trempée de sueur, croyant entendre les cris de ces jeunes garçons qui ont été sacrifiés sur l’autel de la paix."

*En effet, il est interdit à tout véhicule arborant la Croix-rouge de transporter des armes et des munitions ainsi que tout matériel pouvant aider aux combats et favoriser ainsi un camp par rapport à l'autre.

L’infirmière Evelyn Kovalchuk, en 1944, puis en 2010, à 88 ans montrant sa photo d'époque. Elle a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 2007, à Vierville sur mer (NA /USA) Elle est décédée le 11 avril 2015 à l'âge de 93 ans. Le premier Dakota sanitaire se pose sur la plage d’Omaha, à St Laurent sur mer le 7 juin 44 (NA /USA) Remarquez que la plage est déjà complètement dégagée des obstacles et des détritus. Au loin, un obus exploseL’infirmière Evelyn Kovalchuk, en 1944, puis en 2010, à 88 ans montrant sa photo d'époque. Elle a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 2007, à Vierville sur mer (NA /USA) Elle est décédée le 11 avril 2015 à l'âge de 93 ans. Le premier Dakota sanitaire se pose sur la plage d’Omaha, à St Laurent sur mer le 7 juin 44 (NA /USA) Remarquez que la plage est déjà complètement dégagée des obstacles et des détritus. Au loin, un obus explose

L’infirmière Evelyn Kovalchuk, en 1944, puis en 2010, à 88 ans montrant sa photo d'époque. Elle a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 2007, à Vierville sur mer (NA /USA) Elle est décédée le 11 avril 2015 à l'âge de 93 ans. Le premier Dakota sanitaire se pose sur la plage d’Omaha, à St Laurent sur mer le 7 juin 44 (NA /USA) Remarquez que la plage est déjà complètement dégagée des obstacles et des détritus. Au loin, un obus explose

Celui de Bob Slaughter, sergent à la D Company: "Je venais juste de tomber dans l’eau quand un obus de 88 mm a explosé sur la barge que je venais de quitter. Tous mes copains, sans exception, ont été tués. L’explosion m’a assourdi et j’étais complètement sonné. Dans une semi-inconscience, j’ai réussi à gagner le sable, incapable de bouger davantage. Des infirmiers m’ont alors amené derrière un char qui brûlait. Je suis resté là un long moment et, enfin, j’ai pu me relever et gagner la dune. Je ne m’étais pas rendu compte alors de la boucherie qu’avait été l’assaut jusqu’au moment où mon lieutenant m’a demandé, en début de soirée, de retourner sur la plage afin de trouver et ramasser des munitions pour la mitrailleuse 30/30 que le pourvoyeur avait perdu lors des combats. C’est seulement à ce moment-là que j’ai découvert l’horreur : des centaines de corps étaient ballottés par le ressac, des membres sectionnés, broyés couvraient le sable qui était rouge de sang. Il flottait dans l’air une odeur fade, visqueuse, écœurante. J’ai été pris de nausées, l’estomac noué. Je n’ai rien pu manger pendant plusieurs jours. Nous, les survivants, nous nous sentions tellement coupables d’être encore en vie que nous n’avons parlé à personne de la boucherie d’Omaha. Il nous a fallu attendre 60 ans avant de pouvoir parler de cette terrible journée."

Le sergent Bob Slaughter est un miraculé : "Le 5 juillet 1944, une balle tirée par un snipper allemand a traversé mon casque. J’ai cru qu’elle m’était entrée dans le crâne car j’avais le visage en sang. Des copains m’ont traîné à demi groggy jusqu’au poste médical où j’ai été soigné. Quelques instant plus tard, j’en ressortais avec juste un petit pansement: La balle avait été déviée je ne sais comment de sa course et m’avait juste entaillé le front. Bob Slaughter a aujourd’hui 79 ans, (en 2004) il vit à Roanocke, en Virginie. Tous les matins il hisse la bannière étoilée devant sa maison et rend les honneurs ": En mémoire des copains. Je pense à eux tous les jours ". Il rentre dans sa maison, se dirige vers un meuble dont il ouvre un tiroir, en ressort une boîte de biscuits en fer-blanc. Il pose celle-ci sur la table, l’ouvre et en extrait une dizaine d’enveloppes blanches. Dans chacune d’elle, il y a la photo d’un de ses camarades prise en 1944. Chaque photo porte la mention : "Killed in action on a beach" (Mort au combat sur la plage)". Il est décédé le 29 mai 2012, à l'âge de 87ans.

  Le sergent Bob Slaughter : En Normandie, à 19 ans en 1944/ en Virginie à 79 ans en Bob Slaughter a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 2007, à Vierville sur mer, en même temps qu'Evelyn Kowalchuk. Il est décédé le 29 mai 2012 à 87 ans, à l'hôpital de Roanoke.

Le sergent Bob Slaughter : En Normandie, à 19 ans en 1944/ en Virginie à 79 ans en Bob Slaughter a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 2007, à Vierville sur mer, en même temps qu'Evelyn Kowalchuk. Il est décédé le 29 mai 2012 à 87 ans, à l'hôpital de Roanoke.

Quelques camarades de Bob Slaughter, morts sur la plage

Le 1rst Lieutnant Merle Cummings avait 23 ans et à sa gauche (casqué) le sergeant Marvin L.Mabes,le sergeant Edward Walton, le private Rufus B.Carr (J.L.Atlan)Le 1rst Lieutnant Merle Cummings avait 23 ans et à sa gauche (casqué) le sergeant Marvin L.Mabes,le sergeant Edward Walton, le private Rufus B.Carr (J.L.Atlan)

Le 1rst Lieutnant Merle Cummings avait 23 ans et à sa gauche (casqué) le sergeant Marvin L.Mabes,le sergeant Edward Walton, le private Rufus B.Carr (J.L.Atlan)

Le sergeant George D. Johnson, le major John William Sours, le sergeant Russel W. Ingram(J.L.ATLAN)

Le sergeant George D. Johnson, le major John William Sours, le sergeant Russel W. Ingram(J.L.ATLAN)

Le sergeant G.D Johnson s'était engagé à 16 ans, en trichant sur son âge véritable, le même jour que Bob Slaughter. Il est mort à 19 ans.

Le major J W Sours avait 42 ans et était l'homme le plus gradé de la ville de Roanoke (la même que Bob Slaughters.) Il était marié et père de 2 garçons. Son fils de 19 ans combattait les Japonais dans le Pacifique quand un télégramme de la Croix-Rouge lui a appris que son père avait été tué en Normandie.

Le sergeant R W Ingram avait été grièvement blessé pendant les répétitions de débarquement à Slapton en Angleterre ("Opération Tiger"). Il s'était cassé une vertèbre en chutant d'un filet de débarquement suite à un coup de roulis du bateau. Prétendant que le débarquement ne pouvait pas se faire sans lui, il avait quitté l'hôpital militaire en fraude pour être présent avec ses camarades lors de l'assaut. Il a été tué avant de pouvoir poser le pied sur la plage

Le 1rstLieutnant William Garner et le Captain Jack Simms (J.L.ATLAN)

Le 1rstLieutnant William Garner et le Captain Jack Simms (J.L.ATLAN)

Le 1rstLieutnant W. Gardner, diplômé de l'Académie Militaire de West Point, était étonnamment intelligent, très érudit et était promis à une belle carrière militaire.

Le Captain J.Simms ne pesait que 57 kg avant son incorporation or il fallait obligatoirement atteindre les 59 kg pour pouvoir prétendre à s'engager dans l'US Army. Il s'est alors gavé de bananes jusqu'à s'en rendre malade pour pouvoir atteindre le poids requis.

Celui du correspondant de guerre et futur cinéaste, Samuel Fuller qui déclare avec son franc parler en 1994, trois ans avant sa disparition, lors du tournage d’un documentaire sur le débarquement intitulé : "Un Américain en Normandie ": "J’étais dans le 16th Régiment, 3rd Battalion, Company K. Nous étions dans la 3e vague d’assaut à Easy Red. On fonce vers la plage sur une mer agitée. Les soldats dégueulent dans leur casque qu’ils vident par-dessus bord. Plus nous approchons de la côte, moins la visibilité est bonne. Nous avons atteint la plage à 6h 30. C’est une vision de cauchemar, la mer est rouge de sang, elle charrie des morceaux de cadavres disloqués, des blessés qui se noient et du matériel détruit flotte. Aucun trou pour s’abriter, l’aviation a raté la plage. Nous n’avions rien pour nous protéger si ce n’est le corps des copains morts et les balles tombaient sur nous comme la grêle pendant un orage d’été. Mon sergent est surpris de la puissance, de la qualité et de la précision du feu des Allemands. On devait rester 20 mn sur la plage, nous avons été immobilisés pendant plus de 3 heures et ce n’est que vers 9 h 30 que nous avons réussi à ouvrir une brèche dans le mur antichar et ce, grâce au courage du sergent Philip Streczyk. Au moyen de caisses de pains de T.N.T et après 3 essais infructueux qui ont coûté la vie à 3 équipes de sapeurs, soit 9 hommes, c’est au tour de Streczyk d’essayer. Il s’élance vers le mur poursuivi par les impacts, dispose sa charge, actionne le détonateur, fait sauter le mur et crée une brèche où les hommes s’engouffrent. Ah ! Streczyk, où que tu sois, je t’en remercie encore !"

Le sergent Philip Streczyk, de l'Easy Company, 2nd Battalion, 16th Infantry Regiment de la 1rst US Division a reçu des mains du Gal Dwight D. Eisenhower la Distinguished Service Cross et des mains du Gal Montgomery, la British Military Medal.

Citation :

 " Pour courage dans l’action contre l’ennemi, le 6 juin 1944, près de Colleville-sur-mer, le Sgt Streczyk est l’un des premiers à entrer dans un réseau de tranchées et dans un combat désespéré au corps à corps nettoie les emplacements l’un après l’autre. Durant le combat, il capture un officier et 20 soldats ennemis, puis sans égards pour sa propre sécurité et sans aide, il détruit un nid de mitrailleuse. Les actions héroïques du Sgt Streczyk sont dans les plus hautes traditions des forces armées des Etats-Unis "

 

Le mur antichar que Streczyk a détruit. Il se situait au débouché de St Laurent-sur-mer. Il mesurait 2 m de haut et 1,20 m d'épaisseur. Il a été détruit le 6 juin à 17h (NA /USA) La brèche ouverte dans le mur Le mur antichar que Streczyk a détruit. Il se situait au débouché de St Laurent-sur-mer. Il mesurait 2 m de haut et 1,20 m d'épaisseur. Il a été détruit le 6 juin à 17h (NA /USA) La brèche ouverte dans le mur Le mur antichar que Streczyk a détruit. Il se situait au débouché de St Laurent-sur-mer. Il mesurait 2 m de haut et 1,20 m d'épaisseur. Il a été détruit le 6 juin à 17h (NA /USA) La brèche ouverte dans le mur

Le mur antichar que Streczyk a détruit. Il se situait au débouché de St Laurent-sur-mer. Il mesurait 2 m de haut et 1,20 m d'épaisseur. Il a été détruit le 6 juin à 17h (NA /USA) La brèche ouverte dans le mur

Le Staff sergeant Philip Streczyk reçoit la British Military Medal des mains du Gal  Montgomery (NA /USA)

Le Staff sergeant Philip Streczyk reçoit la British Military Medal des mains du Gal Montgomery (NA /USA)

Il y a eu aussi des situations dantesques, irréalistes, loufoques mais pourtant réelles telle :

-Celle de ce soldat qui était assis au bord de la plage, le dos tourné à l’ennemi qui lançait calmement des cailloux dans l’eau, imperturbable aux innombrables impacts qui l’entouraient. Il n’a été atteint par aucun projectile. Un sergent qui accostait sur la plage l’a vu et s’est immédiatement rendu compte de la situation. Il a rampé vers le soldat auquel il a pris doucement la main et l’a fait mettre à plat ventre. Le soldat a paru se réveiller, a regardé autour de lui et a participé à l’action comme si rien n’était arrivé.

-Celle de ce jeune soldat qui, en plein milieu des combats, s’est levé calmement. Il a pointé un doigt vers les Allemands et leur a dit tout doucement : "Je vous l’ai déjà dit, je ne le répèterais plus, vous faites trop de bruit, vous me cassez les oreilles". Le sergent de sa section a été contraint de lui loger une balle dans la cuisse pour le déséquilibrer, le faisant échapper ainsi à une mort certaine.

-Celle du soldat Kingsky de la 1rst Division, la Big Red One, qui sous une grêle de balles n’  arrivait pas à ouvrir sa braguette tant ses doigts étaient ankylosés par le froid et la peur et demandait à ses copains de l'aider: Il en avait assez d’uriner dans son pantalon. Il aurait fallu que quelqu’un se dévoue mais personne n’osait. Alors, sous un feu qui ne faiblissait pas, eu lieu la discussion peut-être la plus cocasse du débarquement :" Et pourquoi ce serait à moi de le faire? J’suis pas sa mère!","T’as qu’à demander au toubib, il a l’habitude, lui!"A bout d’argument le sergent lui a dit "Bon d’accord ! Je vais l’ouvrir, mais tu devras te débrouiller tout seul". Il a tenu parole et le soldat Kingsky a pu soulager sa vessie mais il n’a pas eu le temps de le faire totalement: un snipper allemand lui a logé une balle dans la tête avant qu’il ait pu terminer. (Propos rapportés par Samuel Fuller.)

-Celle du capitaine Halpern, chirurgien dentiste dans le civil avant la guerre. Les 6 chars Sherman attachés à son groupe étaient immobilisés sur la plage, déchenillés par le tir de 3 batteries installées dans des casemates. Le capitaine se lève et d’un bond, saute sur l’un des chars, pénètre à l’intérieur, manœuvre la tourelle et ouvre le feu. Tour à tour, les 3 batteries sont détruites par ses tirs. Plus tard, il a raconté qu’il avait tripoté tous les leviers de commande les uns après les autres jusqu’à ce qu’il réussisse à tirer : Il n’avait jamais vu ni pénétré à l’intérieur d’un char auparavant !

-Celle de ce soldat qui a sauté dans un camion GMC sur lequel était fixé un panneau portant la mention :"Danger. Explosive."Le conducteur de ce camion avait été tué au volant alors qu’il venait tout juste de démarrer. Le véhicule prenait de la vitesse et menaçait d’écraser sous ses roues un groupe de soldats allongés au sol qui n’avaient pas vu le danger. Voyant la scène, un soldat a couru vers le camion, a sauté sur le marchepied, a tourné le volant pour dévier la trajectoire de l’engin vers la mer. On n’a jamais su qui était cet homme car, dans sa course, le camion a heurté une asperge de Rommel surmontée d’une Tellermine. Il y a eu une explosion terrible, une énorme boule de feu, puis plus rien. Tout avait disparu comme balayé par une main géante.

-Celle de ces huit pionniers de la marine qui avançaient dans l’eau en poussant un canot pneumatique rempli de caisses d’explosifs. Soudain un obus tomba en plein sur le bateau, faisant exploser les caisses. Aussi incroyable que cela puisse paraître, aucun homme ne fut tué, seuls quatre furent légèrement blessés et commotionnés. L’un d’entre eux regardait, incrédule, le bout de corde qu’il tenait dans sa main et auquel il s’agrippait quelques secondes auparavant. Quant au bateau, il avait entièrement disparu de la surface de l’eau.

-Celle de Peter Mergo, de Pennsylvanie, sergent au 175th RI de la 29th Division, 16th  Régimental Combat Team (116th RCT) qui a débarqué à Dog Red, au débouché de la vallée de St Laurent sur Mer. Il venait tout juste de sortir de la péniche et avait de l’eau jusqu’aux aisselles. Il levait les bras au-dessus de sa tête pour maintenir son arme, une carabine US M1A1 (appelée carabine US par les Français) hors de l’eau. Soudain, il perçut une brûlure à l’avant-bras gauche. Il regarda celui-ci et vit qu’un peu de sang s’étalait sur sa manche de veste déchirée. Ne souffrant pas ou très peu, il ne donna pas plus d’importance que nécessaire à cette blessure somme toute, légère. Il continua d’avancer vers la plage et, au sortir de l’eau, se mît à plat ventre. Le feu ennemi étant très intense, il jugea préférable de continuer à avancer en rampant mais sa blessure le brûlait. Il se mît à l’abri derrière un hérisson tchèque, posa son arme contre celui-ci et entreprit de ce soigner. Ce n’était qu’une balafre peu profonde mais le sable et le sel marin s’étaient incrusté dans la plaie et l’irritait. Il nettoya la blessure, pansa son bras au moyen d’un pansement individuel et poursuivit son avancée. Par petits bonds successifs, il parvint à arriver au pied de la dune, relativement à l’abri des tirs ennemis. Il regardait autour de lui pour essayer de se situer quand il crût voir un Allemand qui bougeait. Il voulu prendre son arme pour tirer dessus quand il dût se rendre à l’évidence: Il avait oublié sa carabine contre l’obstacle. Sans réfléchir plus avant, il repartit chercher celle-ci, toujours sous le feu ennemi et revint par le même chemin. Ce qui fait qu’il a parcouru 3 fois le même trajet, soit à peu près un kilomètre, sous un tir intense d’armes automatiques sans recevoir d’autres blessures que celle qu’il avait eue à l’accostage. Le soir de la bataille, il raconta son histoire à ses copains. L’un d’eux lui dit: " Pourquoi tu n’as pas ramassé l’arme d’un mort sur la plage ?" Il regarda son copain, interloqué, et avec un haussement d’épaules lui répondit : "Parce que c’était pas la mienne". C’est ce même copain qui a relaté cette anecdote quand il a enlevé, le 23 juin 1944, la plaque d’identité du cou de Peter Mergo et a mis sa dépouille dans un body bag. Peter Mergo est mort au Champ d’Honneur en combattant. Il repose au cimetière américain de Colleville-sur-mer dans la tombe n° 17 Allée 23, Carré I

-Celle de Peter Howenstein, caporal au 80th Infantry Division qui débarqua lui aussi à Omaha. Il courait sur le sable en direction de la dune quand, soudain, un coup violent le frappa à la poitrine et le projeta à terre, sur le dos. Le choc lui avait coupé la respiration et il resta allongé pour essayer de reprendre son souffle. La douleur était tenace et s’irradiait dans toute la poitrine. Toujours sur le dos, il tenta de localiser la blessure avec sa main et ne perçut qu’un petit trou au niveau de sa poche de poitrine. Pas de sang, rien d’autre que cette douleur qui ne le lâchait pas. Il attendit quelques instants et se résolu à quitter l’endroit qui, balayé sans cesse par les armes automatiques, était plutôt malsain. En grimaçant, il se mît sur le ventre et tenta de se lever. Ce geste raviva la douleur aussi continua-t-il à avancer en rampant. En fin d’après-midi, il consulta un médecin au poste de secours. Celui-ci l’ausculta et, à part un bel hématome rectangulaire sur le sein gauche, il n’y avait aucune blessure apparente, le médecin poussa plus avant son auscultation et diagnostiqua que le caporal avait trois côtes cassées. Le médecin questionna le caporal pour connaître la cause de ces fractures, celui-ci raconta ce qui lui était arrivé. Le médecin aidait son patient à se rhabiller quand il remarqua, lui aussi, le petit trou à hauteur de la poitrine dans le battle-dress. Ce ne pouvait être que l’orifice d'entrée d’un projectile. Il inspecta plus en détail le vêtement du caporal et remarqua que ce projectile n’avait pas traversé la veste. Il ouvrit alors la poche trouée qui contenait un portefeuille perforé lui aussi, de part en part. Derrière ce portefeuille se trouvait un étui à cigarettes en métal argenté, cadeau d’un père à son fils partant à la guerre. Au beau milieu de cet étui à cigarettes était fichée une balle. Le cadeau du père avait sauvé la vie de son fils. Peter Howenstein a maintenant 88 ans (Nous sommes en 2004) il vit dans le Maryland et il montre à qui veux bien le voir et, bien qu’il ne fume plus depuis bien longtemps, un étui à cigarettes qui contient toujours ses cigarettes de l’époque ainsi qu'une balle allemande, à demi écrasée, fichée en son milieu. Il a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 30 avril 2011.

Peter Howenstein en juin 1994  chez lui et  au cimetière de Colleville sur mer en 2004 (Col. Privée)

Peter Howenstein en juin 1994 chez lui et au cimetière de Colleville sur mer en 2004 (Col. Privée)

Celle du lieutenant-colonel Carl J.Isley du 146th  Engineer Combat Battalion. Il commandait un groupe de sapeurs démineurs chargés de détruire les obstacles. Il doit débarquer à Omaha avec la première vague d’assaut. Au large de la plage, s’apercevant que l’opération ne se déroule pas comme prévu, il donne l’ordre au pilote du chaland de débarquement d’aborder et il commence à préparer avec ses hommes, les explosifs pour l’opération. Soudain, un obus de gros calibre tombe à proximité du chaland, un éclat frappe son casque et le projette celui-ci sur le pont. Indemne, le lieutenant-colonel le ramasse et constate, avec effroi, que le casque lourd est perforé de part en part et que le dessus du casque léger est complètement labouré. Il enlève son bonnet en tricot qu’il a l’habitude de porter sous son casque et voit qu’il y a une grande déchirure sur le dessus. Revenu de sa stupeur, il remet le tout sur sa tête et continue son travail. Il portera ce casque toute la journée sur la plage. Le lieutenant- colonel a été décoré de la "Distinguished Service Cross" (D.S.C) pour conduite courageuse et exemplaire devant l’ennemi

Le casque du Lieutenant-colonel Isley est conservé par sa famille comme une relique. (Col Isley)
Le casque du Lieutenant-colonel Isley est conservé par sa famille comme une relique. (Col Isley)

Le casque du Lieutenant-colonel Isley est conservé par sa famille comme une relique. (Col Isley)

Le lieutenant-colonel Isley montrant son casque en Normandie, en juillet 1944. (Col privée Isley)

Le lieutenant-colonel Isley montrant son casque en Normandie, en juillet 1944. (Col privée Isley)

-Celle du Dr Lewis Ireland de Floride qui débarqua sous le WN 62 :"Les 2/3 des blessés non transportables agonisaient après avoir reçus des premiers soins. Nous les faisions parler pour les maintenir éveillés malgré les doses de morphine. Je me souviens de l’un d’eux, qui avait à peine 20 ans et à qui il manquait les membres inférieurs. Il venait juste de se marier, et il me raconta combien sa jeune femme était jolie et combien la vie était agréable avec elle. Il se mit à fredonner la chanson de Frank Sinatra " I’ll be seeing you"(Je te reverrai), me fit un sourire, pencha la tête et mourut. Dans sa main gauche, il tenait un petit ours en peluche beige qui avait une petite clochette fixée au cou par un ruban rose sur lequel était brodé le prénom "Maylinn". Je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer comme un gosse et depuis, à chaque fois que je vois un ourson en peluche, je pense à ce gars-là et les larmes me montent encore aux yeux."

-Celle de Karl Wolf de la 1rst Infantry Division US, la célèbre Big Red One": Je m’arrête dans l’eau et m’allonge derrière un hérisson tchèque pour m’abriter des tirs. Deux GI’s me rejoignent et s’accroupissent à ma droite. Les balles sifflent de partout quand, soudain, les 2 gars s’affalent sur le sable, tués net. L’endroit est malsain. Je décide de ramper et je m’allonge derrière un autre hérisson tchèque sous la mitraille. Une ½ heure plus tard, je sens qu’on ne retourne, c’est un infirmier qui, me croyant touché, voulait m'ausculter. Les 4 comprimés de Dramamine absorbés sur le bateau m’ont fait dormir en plein combat."

Toutes les anecdotes ne peuvent pas être relatées tant elles sont nombreuses, néanmoins, elles constituent des preuves irréfutables de ce qu’à été la densité et la dureté des combats.

Canons anti-aérien FLAK 39 de 105 mm en Normandie en 1944. Chaque cercle peint sur le fût du canon symbolise un coup tiré. Remarquez la taille des obus sur le mur, derrière les soldats ainsi que la peinture de camouflage grossièrement exécutée.Tir nocturne de canon de 88mm FLAK  (Bundesarchiv
Canons anti-aérien FLAK 39 de 105 mm en Normandie en 1944. Chaque cercle peint sur le fût du canon symbolise un coup tiré. Remarquez la taille des obus sur le mur, derrière les soldats ainsi que la peinture de camouflage grossièrement exécutée.Tir nocturne de canon de 88mm FLAK  (Bundesarchiv

Canons anti-aérien FLAK 39 de 105 mm en Normandie en 1944. Chaque cercle peint sur le fût du canon symbolise un coup tiré. Remarquez la taille des obus sur le mur, derrière les soldats ainsi que la peinture de camouflage grossièrement exécutée.Tir nocturne de canon de 88mm FLAK (Bundesarchiv

Pour les soldats allemands qui défendaient le secteur d’Omaha, atteindre les soldats américains épuisés par la traversée et surchargés par leur équipement qui pataugeaient dans l’eau, était un jeu d’enfants, pour ne pas dire du tir à la cible. En effet, la configuration de la côte normande, avec à certains endroits, des déclivités de 45%, favorise la défense car elle permet un agencement étagé des armes ainsi qu’une vue sans obstacles de la plage et du littoral sur plus de 160°. Rommel avait fait dynamiter toutes les constructions pouvant gêner le tir des batteries. Si le débarquement n’a pas été un échec à Omaha, c’est grâce à la supériorité numérique, l’immense potentiel en hommes, approvisionnements en munitions et matériels des Américains, contrairement aux Allemands qui durent compter sur eux-mêmes sans renforts d’aucune sorte et sans soins aux blessés graves autres que ceux apportés par les infirmiers américains, mais aussi à la parfaite connaissance des lieux par les Alliés. En ce qui concerne la qualité de l’armement, le matériel de guerre allemand était nettement supérieur à celui des Américains. On peut dire la même chose en ce qui concerne l’aguerrissement des hommes : les Allemands étaient mieux entraînés au combat que les Américains qui, pour la majorité d’entre eux, combattaient pour la première fois.

 

Bunker du WN 72 à la fin juin 1944. Son canon de 88mm PAK43/41 est toujours en place à l’heure actuelle, protégé par une grille. Remarquez le nombre d'impacts d'obus autour de l'embrasure. Un mémorial en l’honneur des Américains qui ont combattu sur ce secteur, a été érigé au-dessus de ce bunker. Le mur d'épaulement à gauche de la photo a été détruit ultérieurement. Le second bunker du WN 72 en juin 2007. On voit encore les impacts des obus de marine sur l’embrasure du canon. Celle-ci est maintenant murée pour des raisons de sécuritéBunker du WN 72 à la fin juin 1944. Son canon de 88mm PAK43/41 est toujours en place à l’heure actuelle, protégé par une grille. Remarquez le nombre d'impacts d'obus autour de l'embrasure. Un mémorial en l’honneur des Américains qui ont combattu sur ce secteur, a été érigé au-dessus de ce bunker. Le mur d'épaulement à gauche de la photo a été détruit ultérieurement. Le second bunker du WN 72 en juin 2007. On voit encore les impacts des obus de marine sur l’embrasure du canon. Celle-ci est maintenant murée pour des raisons de sécurité

Bunker du WN 72 à la fin juin 1944. Son canon de 88mm PAK43/41 est toujours en place à l’heure actuelle, protégé par une grille. Remarquez le nombre d'impacts d'obus autour de l'embrasure. Un mémorial en l’honneur des Américains qui ont combattu sur ce secteur, a été érigé au-dessus de ce bunker. Le mur d'épaulement à gauche de la photo a été détruit ultérieurement. Le second bunker du WN 72 en juin 2007. On voit encore les impacts des obus de marine sur l’embrasure du canon. Celle-ci est maintenant murée pour des raisons de sécurité

Vue du canon de 88mm du WN 72 à Vierville-sur-mer en 2003. Cette pièce est un PAK 43/41 d’une portée de 15000 mètres, conçue pour casemates, montée sur roues à réas et sur rails de section circulaire pour que le recul du coup du lourd canon soit plus aisément compensé et pour faciliter le changement d'orientation de l'axe de tir. Il est ici maintenu surélevé par rapport à sa position originelle par des plots en béton. (NA /USA) Vue de l’embrasure d’un bunker du WN 72 en juin 2007, montrant l’excellant axe de tir du canon de 88mm. On voit que toute la plage est prise en enfilade et couverte par les pièces d'autant qu'à l'époque, il n'y avait aucune construction. Le mur détruit, visible sur la photo des pages précédentes longeait la route et l'avant du bunker est maintenant engazonné.Vue du canon de 88mm du WN 72 à Vierville-sur-mer en 2003. Cette pièce est un PAK 43/41 d’une portée de 15000 mètres, conçue pour casemates, montée sur roues à réas et sur rails de section circulaire pour que le recul du coup du lourd canon soit plus aisément compensé et pour faciliter le changement d'orientation de l'axe de tir. Il est ici maintenu surélevé par rapport à sa position originelle par des plots en béton. (NA /USA) Vue de l’embrasure d’un bunker du WN 72 en juin 2007, montrant l’excellant axe de tir du canon de 88mm. On voit que toute la plage est prise en enfilade et couverte par les pièces d'autant qu'à l'époque, il n'y avait aucune construction. Le mur détruit, visible sur la photo des pages précédentes longeait la route et l'avant du bunker est maintenant engazonné.

Vue du canon de 88mm du WN 72 à Vierville-sur-mer en 2003. Cette pièce est un PAK 43/41 d’une portée de 15000 mètres, conçue pour casemates, montée sur roues à réas et sur rails de section circulaire pour que le recul du coup du lourd canon soit plus aisément compensé et pour faciliter le changement d'orientation de l'axe de tir. Il est ici maintenu surélevé par rapport à sa position originelle par des plots en béton. (NA /USA) Vue de l’embrasure d’un bunker du WN 72 en juin 2007, montrant l’excellant axe de tir du canon de 88mm. On voit que toute la plage est prise en enfilade et couverte par les pièces d'autant qu'à l'époque, il n'y avait aucune construction. Le mur détruit, visible sur la photo des pages précédentes longeait la route et l'avant du bunker est maintenant engazonné.

Canon allemand de 47 mm d’origine française, abandonné sur la plage de la Madeleine, au soir du 6 juin. On aperçoit le casque d’un capitaine américain qui l’examine. Cette pièce étant bâchée, on ne sait pas si elle a été utilisée durant les combats. Remarquez les nombreux bateaux au large ainsi que les bulldozers chargés d'éliminer les obstacles pouvant gêner la progression des véhicules (NA /USA)

Canon allemand de 47 mm d’origine française, abandonné sur la plage de la Madeleine, au soir du 6 juin. On aperçoit le casque d’un capitaine américain qui l’examine. Cette pièce étant bâchée, on ne sait pas si elle a été utilisée durant les combats. Remarquez les nombreux bateaux au large ainsi que les bulldozers chargés d'éliminer les obstacles pouvant gêner la progression des véhicules (NA /USA)

Emplacement du WN73 en juin 2007. Perché sur les falaises, il domine toute la plage. Vue extérieure de la casemate du WN73 en juin 2007. Cette casemate abritait un canon de 75 mm d'origine française. Remarquez le point d’impact de la Navy sur son côté Emplacement du WN73 en juin 2007. Perché sur les falaises, il domine toute la plage. Vue extérieure de la casemate du WN73 en juin 2007. Cette casemate abritait un canon de 75 mm d'origine française. Remarquez le point d’impact de la Navy sur son côté

Emplacement du WN73 en juin 2007. Perché sur les falaises, il domine toute la plage. Vue extérieure de la casemate du WN73 en juin 2007. Cette casemate abritait un canon de 75 mm d'origine française. Remarquez le point d’impact de la Navy sur son côté

Vue intérieure par l’embrasure du canon du WN 73 montrant son excellente position de tir. Il faut s'imaginer l'endroit dépourvu de toute habitation en 1944.On aperçoit en contrebas, sur la droite, (drapeau) un des 2 bunkers du WN 72. Vues montrant l’intérieur du WN 73. Sur le mur gauche, on peut encore voir de nos jours, une peinture montrant la vue de la plage par l’embrasure réalisée par un soldat allemand.
Vue intérieure par l’embrasure du canon du WN 73 montrant son excellente position de tir. Il faut s'imaginer l'endroit dépourvu de toute habitation en 1944.On aperçoit en contrebas, sur la droite, (drapeau) un des 2 bunkers du WN 72. Vues montrant l’intérieur du WN 73. Sur le mur gauche, on peut encore voir de nos jours, une peinture montrant la vue de la plage par l’embrasure réalisée par un soldat allemand.

Vue intérieure par l’embrasure du canon du WN 73 montrant son excellente position de tir. Il faut s'imaginer l'endroit dépourvu de toute habitation en 1944.On aperçoit en contrebas, sur la droite, (drapeau) un des 2 bunkers du WN 72. Vues montrant l’intérieur du WN 73. Sur le mur gauche, on peut encore voir de nos jours, une peinture montrant la vue de la plage par l’embrasure réalisée par un soldat allemand.

Canon de 75 mm du WN 73  détruit. Cette pièce, d’une portée de 7 km, est d’origine française. Il a été photographié par les Américains à la mi-juin 1944. Le frein de bouche de cette pièce est, à l'heure actuelle, scellé dans un mur de béton, derrière un bunker du WN72. (NA /USA) Le frein de bouche du canon de 75mm du WN73Canon de 75 mm du WN 73  détruit. Cette pièce, d’une portée de 7 km, est d’origine française. Il a été photographié par les Américains à la mi-juin 1944. Le frein de bouche de cette pièce est, à l'heure actuelle, scellé dans un mur de béton, derrière un bunker du WN72. (NA /USA) Le frein de bouche du canon de 75mm du WN73

Canon de 75 mm du WN 73 détruit. Cette pièce, d’une portée de 7 km, est d’origine française. Il a été photographié par les Américains à la mi-juin 1944. Le frein de bouche de cette pièce est, à l'heure actuelle, scellé dans un mur de béton, derrière un bunker du WN72. (NA /USA) Le frein de bouche du canon de 75mm du WN73

Cette photo se passe de commentaires sur le calibre de ce canon (420 mm!) installé dans une batterie du littoral normand. On n'ose à peine imaginer les dégâts causés par une telle pièce (Bundesarchiv)

Cette photo se passe de commentaires sur le calibre de ce canon (420 mm!) installé dans une batterie du littoral normand. On n'ose à peine imaginer les dégâts causés par une telle pièce (Bundesarchiv)

Explosion d'un obus de 88 mm sur la plage, le 6 juin. (NA /USA) Ce GI's plonge au sol pour éviter les tirs d'armes automatiques (NA /USA)Explosion d'un obus de 88 mm sur la plage, le 6 juin. (NA /USA) Ce GI's plonge au sol pour éviter les tirs d'armes automatiques (NA /USA)

Explosion d'un obus de 88 mm sur la plage, le 6 juin. (NA /USA) Ce GI's plonge au sol pour éviter les tirs d'armes automatiques (NA /USA)

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