04- LES MEDICS

Publié le par Hubert DENYS

04- LES MEDICS

De toutes les unités américaines qui ont pris pied à Omaha le 6 juin, les "Medical Company", (les infirmiers) sont parmi celles, avec le génie, qui ont payés le plus lourd tribut à la bataille. En effet, l’ampleur des pertes, la confusion des combats, la dispersion des hommes et du matériel due aux courants qui ont empêchés les péniches d’accoster aux bons endroits, ont posés un problème majeur aux hommes de ces unités pour établir des postes de secours fiables et sécurisés alors que la plage était couverte de blessés.

Une erreur fondamentale de l'Etat-major viendra s’ajouter à tout ceci:

L'absence quasi totale de marques de neutralité celles-ci se résumant au port d'un brassard.

LES MARQUES DE NEUTRALITE:

Les brassards des Medics:

Pour être en conformité avec les règlements AR 600-35 de l'Armée de terre américaine ainsi qu'à l'article n°21  de la Convention de Genève, un brassard permettant d'identifier tout le personnel médical présent et actif dans les zones de combats a été créé le 25 novembre 1924 sous l'appellation Brassard M-24.

Ce brassard, de forme rectangulaire de 4"x 18" (10x45cm), est fait de tissu de coton blanc sur lequel est cousue une croix rouge de 3"x3" (7,5cm env.). Ce brassard doit être porté réglementairement sur la manche gauche, au-dessus du coude où il est fixé par des épingles de sureté.

Le Brassard M-24, face visible. (NA/USA)

Le Brassard M-24, face visible. (NA/USA)

Sur l'envers de chaque brassard est inscrite, au moyen d'un tampon à l'encre noire, la mention : "Issued by Medical Department, US Army in conformity with Article n°21 International Red Cross, Convention Geneva 1929. Identity Card n°……….."

Le Brassard M-24, face cachée (NA/USA)

Le Brassard M-24, face cachée (NA/USA)

Les 2 formes de la mention tamponnée utilisées par l'US Army (NA/USA)

Les 2 formes de la mention tamponnée utilisées par l'US Army (NA/USA)

Un numéro précédé d'une lettre majuscule figure aussi, tamponné à l'encre noire, sur la face cachée du brassard. Ce numéro est identique à celui qui figure sur la carte d'identité médicale du détenteur  qui lui a été fournie par le Medical Department.

Exemple de matricule figurant sur la carte et le brassard (NA/USA)

Exemple de matricule figurant sur la carte et le brassard (NA/USA)

La carte d'identité médicale:

Cette carte est délivrée par l'autorité militaire à chaque Medic et le protège en tant que personnel non-combattant des forces armées en temps de guerre, en vertu de la Convention de Genève. Chaque détenteur doit avoir constamment  cette carte avec lui et doit être en mesure de la présenter à toute réquisition, notamment devant les autorités militaires ennemies en cas où il risquerait d'être fait prisonnier.

Dans le cas où un Medic tombe aux mains de l'adversaire, celui-ci doit lui restituer ses insignes et certificats d'identité et le libérer dès la présentation de la carte médicale.

Carte d'identité médicale, (NA/USA)
Carte d'identité médicale, (NA/USA)

Carte d'identité médicale, (NA/USA)

Le rôle et l'efficacité du brassard:

Théoriquement, le brassard, en plus de l'immunité pour le cas où il serait fait prisonnier, était sensé protéger d'une mort certaine celui ou celle qui le portait sur les champs de bataille. Ce ne fut malheureusement pas le cas sans que l'adversaire soit pour autant fautif ni être considéré comme un criminel de guerre.

Lors d'une enquête lancée par  The Surgeon General's Office suite à la mort de personnels médicaux dûment porteurs de brassard lors de la campagne de Méditerranée et d'Afrique du Nord, il est ressorti, après interrogatoire de prisonniers de guerre allemands, que le brassard porté sur le bras gauche n'était pas toujours visible lors des combats. Dans certaines unités combattantes, notamment en Normandie, des médecins ont constatés que les Medics, blessés ou tués lors des combats, étaient en majorité atteint du côté droit, c'est-à-dire à celui opposé au brassard, et qui n'avait pas été vu et identifié comme étant personnel non-combattant.

Le brassard est souvent peu visible de l'adversaire (NA/USA)

Le brassard est souvent peu visible de l'adversaire (NA/USA)

Pour essayer de pallier à ce problème, des initiatives ont été prises par les Medics eux-mêmes telles que celles de porter 2 brassards, un sur chaque bras.

Exemple de port de brassard sur les deux bras. (NA/USA)

Exemple de port de brassard sur les deux bras. (NA/USA)

D'autres initiatives ont consistées à glisser le brassard, sous le filet de casque sur le devant de celui-ci

Exemple de brassard porté sous le filet du casque. (NA/USA)

Exemple de brassard porté sous le filet du casque. (NA/USA)

LE CASQUE DES MEDICS:

Mais ces initiatives, même si elles ont contribuées à une meilleure identification, sont insuffisantes. C'est alors que certains Medics en opération à Natousa, en Afrique du Nord vers le milieu de l'année 1943, ont eu l'idée de peindre des croix rouges au pochoir sur le casque lui-même. On a alors assisté à des marquages hétéroclites de toutes sortes: croix rouges peintes directement sur le casque, d'autres sur un fond rond ou carré peint en blanc, des croix rouges surlignées d'un trait blanc. Il y a eu des croix peintes sur les 4 faces du casque, seulement sur le devant, seulement sur les deux côtés latéraux etc. sans aucune uniformité. L'Etat-major a tout d'abord toléré ces marquages puis a commencé à imposer une réglementation. Les seules unités américaines à arborer officiellement une seule croix rouge peinte sur un carré en fond blanc sur le devant du casque le 6 juin 44, appartenaient à la 2nd Naval Beach Battalion of Medical Section et étaient détachés à bord des navires hôpitaux.

Modèle de casque utilisé par les infirmiers embarqués(NA/USA)

Modèle de casque utilisé par les infirmiers embarqués(NA/USA)

Différents exemples de croix rouges peintes sur le casque. (NA/USA)

Différents exemples de croix rouges peintes sur le casque. (NA/USA)

Le résultat sera mitigé. Si le marquage à la peinture sur le casque a eu des effets plutôt encourageant  dans l'hémisphère nord, il a été complètement désastreux dans le Pacifique. Les Medics des Marine's, qui combattaient les Japonais, ont vite abandonné les marquages à la peinture sur le casque. En effet, les Japonais, non signataires de la Convention de Genève, qui ne reconnaissaient pas les marques de neutralité, prenaient les casques des Medics pour cible et leurs snipers abattaient ceux-ci en premier.

C'est une des raisons qui a fait que l'Etat-major américain n'a pas permit que les casques des Medics participant au D-Day soient plus repérables car il n'était pas certain que les Allemands respectaient les clauses de la Convention de Genève. Ce n'est qu'après le débarquement, lorsqu'on eu la certitude du respect des marques de neutralité, que les casques des Medics américains ont arborés les croix rouges. Ce n'est qu'en juillet 1944 que le XIX th Surgeon Corps a officiellement autorisé les marquages sur le casque, a normalisé et défini les dimensions de ceux-ci. Le diamètre des cercles du fond blanc doit être de 6 inches (soit environ 15cm). La croix rouge sera composée de 5 carrés de 2 inches (soit environ 5 cm) de côté, ce qui fait qu'elle atteindra les limites du cercle blanc du fond.  Les cercles blanc, peints sur chaque face du casque, seront espacés de 2 inches (soit environ 5 cm), les uns des autres. Le bord inférieur de chaque cercle devra se situer à 1,5 inches (soit environ 4 cm) du bord du casque.

Dimensions normalisant les marquages de neutralité. (NA/USA)

Dimensions normalisant les marquages de neutralité. (NA/USA)

Il est à noter que les Allemands n'arboraient pas de signes de neutralité durant la campagne de Normandie sur leur casque. Les infirmiers allemands portaient seulement des brassards identiques à ceux des Américains

 

Brassards des infirmiers allemands. Insigne de la Croix-Rouge allemande. (Bundesarchives)

Brassards des infirmiers allemands. Insigne de la Croix-Rouge allemande. (Bundesarchives)

Le brassard des Veterinary Medic Corps

Les vétérinaires militaires  portaient également un brassard à peu près identique à ceux des Medics sauf que ce brassard était revêtu d'une croix verte et non rouge. Il était répertorié au sein de l'armée sous le n°99137 et a été mis en service le 13 décembre 1939. Ces médecins vétérinaires étaient chargés de soigner ou porter assistance aux chiens de combats affectés à la recherche de mine ou à la recherche de victimes employés par l'US Army et qui auraient été victimes des combats

Le brassard des Veterinary Medics Corps (NA/USA)

Le brassard des Veterinary Medics Corps (NA/USA)

Contrairement au brassard des Medics porteur de la Croix rouge, le brassard porteur de la croix verte n'accorde aucune protection de la part de la Convention de Genève

Des  infirmiers vétérinaires américains soignant un chien de combat utilisé pour la recherche des blessés. Derrière, un prisonnier (NA /USA)

Des infirmiers vétérinaires américains soignant un chien de combat utilisé pour la recherche des blessés. Derrière, un prisonnier (NA /USA)

Extrait de la Convention de Genève relatif au port de la  Croix-Rouge en date du 27 juillet 1929:

Chapitre VI

-Article 19.

Par hommage pour le pays fondateur de l'organisme, la Suisse, le signe héraldique de la croix rouge sur fond blanc, formé par l'inversion des couleurs fédérales, est maintenu comme emblème et signe distinctif des services sanitaires des armées.

Toutefois, les pays qui emploient déjà le croissant rouge, ou le lion et le soleil rouges sur fond blanc comme signes distinctifs en lieu et place de la croix rouge sont également admis dans le sens de la présente Convention.

-Article20.

L'emblème figurera sur les drapeaux, les brassards ainsi que sur tous les matériels et véhicules se rattachant au service sanitaire, avec la permission de l'autorité militaire compétente.

-Article 21.

Le personnel protégé en vertu des articles 9, alinéa premier, 10 et11, portera, fixé au bras gauche, un brassard muni de l'emblème distinctif, délivré et timbré par une autorité militaire.

Le personnel visé par l'article 9, alinéas 1et 2, sera pourvu d'une pièce d'identité consistant soit en une inscription dans le livret militaire de l'intéressé soit en un document spécial.

Les personnels, visés par les articles 10 et 11 qui n'ont pas d'uniformes militaires seront munies, par l'autorité militaire compétente, d'un certificat d'identité avec photographie, attestant leur qualité de personnel sanitaire.

Ces pièces d'identité devront être uniformes et du même modèle dans chaque armée

En aucun cas, le personnel ne pourra être privé des ses insignes ni des pièces d'identité qui lui sont propres.

En cas de perte ou de destruction ne relevant pas de son fait, il aura droit à l'obtention d'un duplicata.

 

Les Medics en Normandie:

Le 6 juin, le premier poste de secours sera installé le long des falaises de Fox Red et ce, pas avant 7 h 20. La durée moyenne d’attente avant qu’un blessé ne soit évacué vers un navire hôpital au large, était de 4 à 8 heures. Les premières évacuations vers l’Angleterre n’auront lieu qu’en fin de journée et encore, seulement par des moyens maritimes ce qui explique la forte mortalité des blessés. La première piste provisoire d'aviation sera établie sur la plage même à St Laurent-sur-mer, le 6 juin en fin d'après-midi. Le 24th Evacuation Hospital, un des premiers hôpitaux de campagne à être installé à La Cambe, ne le sera pas avant le 14 juin.

La plage de St Laurent est déblayée et aplanie l'après-midi du 06 juin pour faire une piste d'atterrissage. A droite un bulldozer blindé. (NA /USA)

La plage de St Laurent est déblayée et aplanie l'après-midi du 06 juin pour faire une piste d'atterrissage. A droite un bulldozer blindé. (NA /USA)

Il a été évalué à plus d'un tiers, le nombre des blessés qui succomberont des suites de leurs blessures, faute de soins immédiats dans un hôpital. Il n’a pas été rare qu’un médecin ait la pénible tâche de choisir de l'évacuation de tel ou tel homme en fonction de la gravité de ses blessures. Les autres, comme les blessés au ventre, qui avaient déjà peu de chances de survivre en temps normal, ne recevaient que des soins palliatifs et des piqûres de morphine pour apaiser leurs douleurs en attendant que la mort fasse son œuvre, mettant ainsi un terme aux souffrances.

On ne peut que saluer le courage et l’abnégation de ces infirmiers qui, sous un feu nourri, ont donnés le meilleur d’eux-mêmes et parfois leur vie pour secourir leurs frères d’armes, amis ou ennemis, en détresse. Bon nombre de soldats allemands devront la vie au dévouement des infirmiers américains qui ne faisaient aucune distinction quand à la nationalité du blessé. Beaucoup de GI’s donnèrent leurs paquets de pansements individuels à des blessé allemands qui n’en n'avaient plus, tout comme ils partagèrent leur gourde d’eau ou leur paquet de cigarettes. Les anecdotes (dont celle de Franz Gockel dans son livre "Das Tor Zur Hölle "(La porte de l'enfer), page 92) rapportant que le premier geste d’un infirmier américain envers un blessé allemand était de lui mettre, d’office, une cigarette entre les lèvres, sont légions. On estime à 4200 le nombre de Medics  tués durant la WWII en Europe.

La dotation en fourniture médicale de chaque infirmier se compose de:

12 pansements en gaze

12 pansements compressifs Carlisle petit modèle

3 bandages triangulaires

1 flacon de 6 cl d'alcool à 90°dénaturé

3 garrots à sangle et boucle

2 boîtes de 5 syrettes de morphine

1 boîte d'épingles de sûreté

1 pochette d'instruments (pinces, ciseaux...)

6 boîtes poudreuses de sulfamide

6 badigeons de teinture d'iode

1 boîte de 50 comprimés de Sulfadiazine (antibiotique)

Rouleaux de sparadrap

Crayon

Thermomètre

1 Pochette de compartimentation

1 lot de fiche d'identification

Le Packet First-Aid ou pansement Carlisle

Pansement Carlisle petit modèle dont étaient dotés les infirmiers. Il s'agit du même pansement, celui de couleur verte ne contient pas de sulfanilamides. (NA/USA)

Pansement Carlisle petit modèle dont étaient dotés les infirmiers. Il s'agit du même pansement, celui de couleur verte ne contient pas de sulfanilamides. (NA/USA)

Contenu d'une boîte de pansement Carlisle.  Sachet de sulfanilamide (NA/USA)
Contenu d'une boîte de pansement Carlisle.  Sachet de sulfanilamide (NA/USA)

Contenu d'une boîte de pansement Carlisle. Sachet de sulfanilamide (NA/USA)

Description du pansement Pack First-Aid Carlisle:

-Le pansement (blanc), avec l'inscription " Put other side next to wound " (mettre l'autre côté sur la blessure) bien visible en rouge.

-Enveloppe en papier paraffiné destiné à protéger le pansement de l'humidité.

-Boîte contenant tout le pansement. L'inscription au fond de la boîte précise que celle-ci renferme bien le sachet de sulfanilamides.

-Le sachet de sulfanilamide. Le mode d'emploi est inscrit en rouge sur le sachet: "Pour ouvrir, soulever le volet rouge, saupoudrer uniformément la poudre sur la plaie avant d'appliquer le pansement"

A dater de septembre 1941, un sachet de sulfanilamides (Para-aminophenylsulfamide) en poudre, destiné à éviter les infections des plaies, sera ajouté au contenu des boîtes de pansements. Afin de différencier les boîtes avec ou sans sulfanilamides, la couleur des boîtes sera différente: celles de couleur verte sont sans poudre, celle de couleur rouge avec poudre. Une inscription gravée dans le fond de la boîte précise l'ajout d'anti-infectieux. Ce pansement fera partie des équipements fournis par le Medical Department sous le N° Item N° 20300, classe C (Surgical Dressing) sous le nom de Packet First-Aid, Carlisle model.

Le pansement sera aussi revu: Afin que la compresse de gaze ne soit plus tributaire de l'emploi d'épingles de sureté (non incluses) pour maintenir le pansement en place, le bandage sera modifié en faisant partie intégrante de la compresse et en étant dotée de découpes permettant de nouer le pansement.

Pansement modifié. (NA/USA)

Pansement modifié. (NA/USA)

Dotation de premiers secours d'infirmier américain. (NA/USA)

Dotation de premiers secours d'infirmier américain. (NA/USA)

Sulfamides et garrots. (NA/USA)

Sulfamides et garrots. (NA/USA)

Pommade prophylactique et plasma sanguin. (NA/USA)

Pommade prophylactique et plasma sanguin. (NA/USA)

Trousse d'infirmier Allemand. (Bundesarchives)

Trousse d'infirmier Allemand. (Bundesarchives)

Infirmiers donnant des soins à un des leurs de la 29th I.D, blessé. Tous n’ont qu’un brassard pour marque de neutralité. Remarquez la trousse d'officier médecin étalée entre les 2 infirmiers. (NA/USA)

Infirmiers donnant des soins à un des leurs de la 29th I.D, blessé. Tous n’ont qu’un brassard pour marque de neutralité. Remarquez la trousse d'officier médecin étalée entre les 2 infirmiers. (NA/USA)

Poste de secours installé dans le fossé antichar du WN 62, sous l'acteul cimetière américain. Il était initialement prévu pour être rempli d'eau mais cela a été rendu impossible  car l'eau était absorbée par le sable. Ce fossé sera comblé avec tous les détritus le soir du 06 juin. (NA/USA)

Poste de secours installé dans le fossé antichar du WN 62, sous l'acteul cimetière américain. Il était initialement prévu pour être rempli d'eau mais cela a été rendu impossible car l'eau était absorbée par le sable. Ce fossé sera comblé avec tous les détritus le soir du 06 juin. (NA/USA)

Des soldats essaient de soustraire un blessé aux tirs allemands. (Col. Privée)

Des soldats essaient de soustraire un blessé aux tirs allemands. (Col. Privée)

Equipe médicale opérant dans un poste de secours provisoire. Là aussi, les marques de neutralité ne sont que peu visibles. (NA /USA)

Equipe médicale opérant dans un poste de secours provisoire. Là aussi, les marques de neutralité ne sont que peu visibles. (NA /USA)

Blessé allemands soignés par des Medics (NA/USA)Blessé allemands soignés par des Medics (NA/USA)

Blessé allemands soignés par des Medics (NA/USA)

Des prisonniers allemands aident à transporter des blessés sur des chalands arborant la Croix-Rouge

Des prisonniers allemands aident à transporter des blessés sur des chalands arborant la Croix-Rouge

Infirmiers américains soignant des soldats allemands (NA/USA)Infirmiers américains soignant des soldats allemands (NA/USA)

Infirmiers américains soignant des soldats allemands (NA/USA)

Le Doc Sam M Talmadge donne une friandise à une fillette blessée à la tête. Le frère de celle-ci, également blessé, a reçu des soins et est étendu à ses côtés. La même fillette au moment de sa prise en charge par les infirmiers de la 4e D.I après le bombardement du manoir de Pierreville, le 7 juin 1944. Elle se nomme Geneviève Marie. (NA /USA)Le Doc Sam M Talmadge donne une friandise à une fillette blessée à la tête. Le frère de celle-ci, également blessé, a reçu des soins et est étendu à ses côtés. La même fillette au moment de sa prise en charge par les infirmiers de la 4e D.I après le bombardement du manoir de Pierreville, le 7 juin 1944. Elle se nomme Geneviève Marie. (NA /USA)

Le Doc Sam M Talmadge donne une friandise à une fillette blessée à la tête. Le frère de celle-ci, également blessé, a reçu des soins et est étendu à ses côtés. La même fillette au moment de sa prise en charge par les infirmiers de la 4e D.I après le bombardement du manoir de Pierreville, le 7 juin 1944. Elle se nomme Geneviève Marie. (NA /USA)

Geneviève Cousin, née Marie en compagnie de son mari en juillet 2007 (Col. Privée G. Perrault)

Geneviève Cousin, née Marie en compagnie de son mari en juillet 2007 (Col. Privée G. Perrault)

Cette série de 3 photos illustre les drames quotidiens que vivaient les infirmiers. Sur la 1e photo, un infirmier s’approche d’une victime. Sur la seconde, il vérifie la présence du pouls carotidien et sur la troisième, il a constaté le décès et se recueille sur la dépouille en lisant une prière. Remarquez l’insigne, peint sur le devant du casque, qui indique qu’il est médecin. (NA /USA)
Cette série de 3 photos illustre les drames quotidiens que vivaient les infirmiers. Sur la 1e photo, un infirmier s’approche d’une victime. Sur la seconde, il vérifie la présence du pouls carotidien et sur la troisième, il a constaté le décès et se recueille sur la dépouille en lisant une prière. Remarquez l’insigne, peint sur le devant du casque, qui indique qu’il est médecin. (NA /USA)

Cette série de 3 photos illustre les drames quotidiens que vivaient les infirmiers. Sur la 1e photo, un infirmier s’approche d’une victime. Sur la seconde, il vérifie la présence du pouls carotidien et sur la troisième, il a constaté le décès et se recueille sur la dépouille en lisant une prière. Remarquez l’insigne, peint sur le devant du casque, qui indique qu’il est médecin. (NA /USA)

LES HÔPITAUX DE CAMPAGNE:

Afin de limiter les transports et de soigner le plus rapidement possible les soldats blessés durant les batailles, l'Etat-major américain avait prévu d'installer des hôpitaux de campagne provisoires. A proximité d'Omaha,  il y en a eu deux, le 24th Evacuation Hospital et le 45th Evacuation Hospital, qui se trouvaient dans le village de La Cambe.

Il semble que les Américains avaient soigneusement repéré ce village, situé à environ 15 km des plages d'Omaha car ils y installèrent ces 2 hôpitaux, une chaîne de montage de véhicules neufs, un entrepôt de jerricans et le cimetière provisoire n°2.

Les diverses implantations américaines à La Cambe: Les 2 hôpitaux sont en rouge,

Les diverses implantations américaines à La Cambe: Les 2 hôpitaux sont en rouge,

Le 24th Evacuation Hospital a séjourné à La Cambe du 14 juin au 6 septembre 1944 et le 45th Evacuation  Hospital, du 16 juin au 24 juillet. Tous deux étaient composés de tentes sous lesquelles ont pouvait pratiquer toutes sortes d'interventions, depuis les soins dentaires en passant par un service de radiographie jusqu'aux opérations chirurgicales les plus diverses et variées.

Ces hôpitaux étaient situés à proximité de routes facilement accessibles aux ambulances. L'énergie électrique était assurée par des groupes électrogènes puissants montés à demeure sur des camions.

L'emplacement du site était protégé des éventuelles attaques aériennes par deux panneaux de tissus de 9mx9 sur lesquels figurait la Croix-Rouge

Schéma d'implantation des tentes du 45th Evacuation Hospital (NA/USA)

Schéma d'implantation des tentes du 45th Evacuation Hospital (NA/USA)

Vue aérienne du 45th Evacuation Hospital de La Cambe. (NA/USA)

Vue aérienne du 45th Evacuation Hospital de La Cambe. (NA/USA)

Vue du 24th Evacuation Hospital. (NA/USA)

Vue du 24th Evacuation Hospital. (NA/USA)

Le 45th Evacuation Hospital situé à La Cambe. Remarquez les nombreuses ceintures  de sauvetage au sol alors que l'action se déroule vers le 18 juin 44.Dans ce même hôpital, une enfant française est soignée par les américains pendant que sa mère, très traumatisée, attend à ses côtés. A la gauche de l'enfant, un cadavre. (NA /USA)La même enfant française est auscultée par une doctoresse américaine au 45th Evacuation Hospital de La Cambe. (NA /USA)
Le 45th Evacuation Hospital situé à La Cambe. Remarquez les nombreuses ceintures  de sauvetage au sol alors que l'action se déroule vers le 18 juin 44.Dans ce même hôpital, une enfant française est soignée par les américains pendant que sa mère, très traumatisée, attend à ses côtés. A la gauche de l'enfant, un cadavre. (NA /USA)La même enfant française est auscultée par une doctoresse américaine au 45th Evacuation Hospital de La Cambe. (NA /USA)
Le 45th Evacuation Hospital situé à La Cambe. Remarquez les nombreuses ceintures  de sauvetage au sol alors que l'action se déroule vers le 18 juin 44.Dans ce même hôpital, une enfant française est soignée par les américains pendant que sa mère, très traumatisée, attend à ses côtés. A la gauche de l'enfant, un cadavre. (NA /USA)La même enfant française est auscultée par une doctoresse américaine au 45th Evacuation Hospital de La Cambe. (NA /USA)

Le 45th Evacuation Hospital situé à La Cambe. Remarquez les nombreuses ceintures de sauvetage au sol alors que l'action se déroule vers le 18 juin 44.Dans ce même hôpital, une enfant française est soignée par les américains pendant que sa mère, très traumatisée, attend à ses côtés. A la gauche de l'enfant, un cadavre. (NA /USA)La même enfant française est auscultée par une doctoresse américaine au 45th Evacuation Hospital de La Cambe. (NA /USA)

Des civils français, victimes des combats (ils seront des milliers) sont soignés par les Américains. A noter que le brassard du Medic n'est pas visible. Ambulance américaine en Normandie. Comme on peut le constater sur cette image, les signes de neutralité ne sont pas toujours respectés. (NA /USA)
Des civils français, victimes des combats (ils seront des milliers) sont soignés par les Américains. A noter que le brassard du Medic n'est pas visible. Ambulance américaine en Normandie. Comme on peut le constater sur cette image, les signes de neutralité ne sont pas toujours respectés. (NA /USA)

Des civils français, victimes des combats (ils seront des milliers) sont soignés par les Américains. A noter que le brassard du Medic n'est pas visible. Ambulance américaine en Normandie. Comme on peut le constater sur cette image, les signes de neutralité ne sont pas toujours respectés. (NA /USA)

Rare image d'infirmiers allemands à l'œuvre. Les services de propagandes nazis interdisaient aux hommes des services de santé de prendre de tels clichés. Le blessé a eu le bras arraché. On peut voir celui-ci au sol, à côté de l'infirmier. A noter que les marques de neutralité ne sont guère plus développées que du côté américain. (Bundesarchiv)

Rare image d'infirmiers allemands à l'œuvre. Les services de propagandes nazis interdisaient aux hommes des services de santé de prendre de tels clichés. Le blessé a eu le bras arraché. On peut voir celui-ci au sol, à côté de l'infirmier. A noter que les marques de neutralité ne sont guère plus développées que du côté américain. (Bundesarchiv)

Des parachutistes du Fallschirmjäger Regiment blessés à Meautis, le 15 juin 1944. Il semblerait que ce soit un avant-bras amputé qui soit dans le seau, au premier-plan, à côté d'une scie égoïne. Le casque portant la croix rouge est une exception non réglementaire dans la Heer (Bundesarchives)

Des parachutistes du Fallschirmjäger Regiment blessés à Meautis, le 15 juin 1944. Il semblerait que ce soit un avant-bras amputé qui soit dans le seau, au premier-plan, à côté d'une scie égoïne. Le casque portant la croix rouge est une exception non réglementaire dans la Heer (Bundesarchives)

Les photos qui suivent donnent une idée de la logistique et l'avance technologique que les Américains ont apportées dans cette guerre.

Tente et appareil de radiographies du 45th Evacuation Hospital. (NA/USATente et appareil de radiographies du 45th Evacuation Hospital. (NA/USA

Tente et appareil de radiographies du 45th Evacuation Hospital. (NA/USA

Cabinet dentaire de campagne au 45th Evacuation Hospital. (NA/USA)

Cabinet dentaire de campagne au 45th Evacuation Hospital. (NA/USA)

Trousse de combat de chirurgien et Trousse chirurgicale complète. . (NA/USA)
Trousse de combat de chirurgien et Trousse chirurgicale complète. . (NA/USA)

Trousse de combat de chirurgien et Trousse chirurgicale complète. . (NA/USA)

Nécessaire à anesthésie, canules de Guédel, tensiomètre et stéthoscope.Différentes présentations de plasma humain (NA/USA)
Nécessaire à anesthésie, canules de Guédel, tensiomètre et stéthoscope.Différentes présentations de plasma humain (NA/USA)

Nécessaire à anesthésie, canules de Guédel, tensiomètre et stéthoscope.Différentes présentations de plasma humain (NA/USA)

Salle d'opération du 45th Evacuation Hospital. (NA/USA)

Salle d'opération du 45th Evacuation Hospital. (NA/USA)

LE SANG ET SES DERIVES:

L'approvisionnement en sang et dérivés a été une exception dans la logistique des Alliés, en particulier celle des Américains. Dès 1942, il a été créé une importante base de dépôts de sang et de médicaments à Salisbury en Angleterre. Dès que les troupes américaines ont conforté leur position à Utah Beach et Omaha Beach, on a installé très rapidement des dépôts de plasma réfrigéré à Ryes et à Littry dans le Bessin.

Très vite, la suprématie aérienne des Alliés a permit qu'un pont aérien soit mis en place afin que le sang humain arrive directement des Etats-Unis à Cherbourg et aux petits aérodromes comme ceux de St Laurent sur mer ou celui de Deux-Jumeaux-Longueville près de La Cambe.

Pour la petite histoire, les infirmiers et personnels médicaux américains, qui portaient secours à leurs adversaires, ont été confrontés à des refus de transfusions sanguines de la part de militaires allemands, notamment les SS, qui craignaient que le sang qui pouvait leur être injecté soit issu de donneurs juifs ou noirs. Ce comportement a été à l'origine du décès de quelques soldats, gravement blessés, pour  qui une perfusion aurait été salutaire.

Bidons de plasma réfrigéré arrivant directement par avion des Etats-Unis. (NA/USA)

Bidons de plasma réfrigéré arrivant directement par avion des Etats-Unis. (NA/USA)

Transfusion sanguine et seringue utilisée pour les transfusions directes. (NA/USA)

Transfusion sanguine et seringue utilisée pour les transfusions directes. (NA/USA)

Chirurgiens soignant une blessure occasionnée par une mine. Le port de gants ne semble pas être de mise (NA/USA)

Chirurgiens soignant une blessure occasionnée par une mine. Le port de gants ne semble pas être de mise (NA/USA)

Photo montrant la façon dont étaient traitées les blessures. Ces clichés étaient réalisés à destination du personnel médical et étaient interdits de diffusion. (NA/USA)

Photo montrant la façon dont étaient traitées les blessures. Ces clichés étaient réalisés à destination du personnel médical et étaient interdits de diffusion. (NA/USA)

Abréviations:

Abréviations utilisées par les Medics dans leurs comptes-rendus ou rapports. Remarquez qu'il est fait une différence entre une blessure par fait de guerre (Wounded) et une blessure faite accidentellement (Injury) même si celle-ci a lieu en combattant. Exemple: Un homme est blessé par un éclat d'obus= Wounded. Un homme se fracture le bras en tombant dans un trou d'obus= Injury.

KIA: Killed in Action = Mort au combat
WIA :Wounded in Action = Blessé au combat
SWIA: Seriously Wounded in Action = Gravement blessé au combat
IIA: Injured in Action = Blessé au combat par accident
LIA: Lightly Injured in Action = Légèrement blessé au combat par accident
MIA: Missing in Action = Disparu au combat
DOW: Died of Wounds = Décédé  des suites de blessures au combat
RTD: Returned to Duty = Retourné au combat
NBC: Non-Battle Casualty = Dommages non dus aux combats

DOI: Died Of Injury= Décédé des suites  de blessures non dues au combat
SIA: Seriously Injured in Action= Sérieusement blessé au combat par accident
LWA: Lightly Wounded in Action= Légèrement blessé au combat par accident
C W: Contused Wound = Plaies contusions

E W: Extensive Wound= Plaies étendues

F U O: Fever of Undetermined Origin= Fièvres d'origines indéterminées

F S Fracture, Simple = Fracture simple

F C: Fracture, Compound= Fracture ouverte

F C-C: Fracture, Compound, Comminuted = Fracture ouverte avec os broyé

G S W: Gun-Shot Wound= Blessure par balle

I W: Incised Wound = Plaies par incisions

L W: Lacerated Wound= Plaies par lacerations

M W: Multiple Wounds= Plaies multiples

N Y D: Not Yet Diagnosed= Pas encore diagnostiqué

Pen W: Penetrating Wound = Plaies pénétrantes

Perf W: Perforating Wound= Plaies pénétrantes

Pun W: Punctured Wounds= Plaies perforantes

S: Slight = Plaies légères

 

Abréviations additionnelles

A I: Accidentally= Contusion accidentelle

AS-I: Accidentally Self-Inflicted= contusion accidentelle auto-infligée

Amp: Amputation= Amputation

B F: Bomb Fragment= Eclat d'obus(ou de bombe)

Disloc: Dislocation= Luxation, entorse

F B: Foreign Body= Corps étranger

 

 

Le symbole du fusil planté au sol:

Si de nos jours, le fusil planté au sol par sa baïonnette et surmonté d'un casque représente la tombe provisoire d'un soldat tombé au combat, il n'en n'a pas été toujours ainsi.

Ce procédé était utilisé, à l'origine, par les combattants quand un des leurs était blessé afin de le signaler aux infirmiers ou aux brancardiers.

Cette pratique est relevée à deux fois différentes par l'historien Anthony Beevor dans son livre "D-Day et la bataille de Normandie" (Ed. Calmann-Lévy). Il déclare, page 78, à propos du parachutage de la 82nd Airborne US effectué le 5 juin: "- Quand on trouvait un parachutiste blessé, on lui donnait de la morphine et on signalait sa position aux infirmiers en plantant son fusil, la baïonnette dans le sol, le casque sur la crosse". Et à la page 254, il déclare:"- Le 26 juin, les Ecossais de la 15th division progressèrent rapidement. Quand leurs camarades touchés s'écroulaient, les soldats identifiaient leur position afin que les brancardiers puissent les repérer. Ils fichaient en terre le fusil du blessé, baïonnette au canon, et plaçaient son casque sur la crosse. Ces indicateurs, remarqua un observateur, ressemblaient "à d'étranges champignons surgissant au hasard dans les blés".

Ce dispositif était aussi utilisé par le "Medics" pour supporter les perfusions de plasma

Fusil planté au sol utilisé comme support de perfusions (NA/USA)

Fusil planté au sol utilisé comme support de perfusions (NA/USA)

Ces témoignages démontrent que la pratique ne signifiait pas que le soldat était décédé. Elle est devenue ainsi parce que souvent, lorsque le blessé était gravement atteint, il était mort quand les infirmiers ou les brancardiers arrivaient jusqu'à lui et les hommes prirent l'habitude de signaler les cadavres ainsi. D'ailleurs, le symbole a persisté jusqu'à nos jours et est représenté au "Visitor Center" du Normandy American Cemetery de Colleville sur mer par un fusil Garand M1 surmonté d'un casque de GI's

 

04- LES MEDICS
04- LES MEDICS

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